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Interview : Tanis (1ère partie)

C’est à l’occasion de la sortie de son single pop Ce n’est pas moi que nous avons approché cette jeune musicienne discrète aux talents multiples !

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Partagée entre plusieurs cultures et grâce à son univers sobre mais singulier, elle nous apporte une certaine fraîcheur musicale. Nous vous proposons le témoignage de cette artiste à suivre de près.

Zero Yen (ZY) : Bonjour Tanis ! Quand et comment es-tu devenue chanteuse ?

Tanis : Aussi loin que je puisse me rappeler, la musique a fait partie de ma vie. Mon père aimait avoir des instruments de musique à la maison car il espérait que ses enfants l’apprennent – ce qu’il n’avait pu faire lui-même quand il était plus jeune. Donc, depuis mes toutes premières années, je me suis mise à jouer avec un piano (plutôt que de jouer du piano !) mais, petit à petit, cela m’a donné envie de savoir vraiment en jouer. Au début, j’apprenais à jouer une mélodie simplement en l’écoutant et essayant de la reproduire sur le clavier encore et encore, jusqu’à ce que je réussisse. Et plus je le faisais, plus cela devenait facile. J’étais alors extrêmement timide et avais beaucoup de mal à exprimer mes sentiments. Dans une certaine mesure, la musique était ma seule façon d’exprimer mes émotions et de communiquer.

Les mauvais jours, il m’arrivait de me mettre au piano et de jouer et chanter tout ce qui me passait par la tête, toute la journée. Un jour, alors que j’avais onze ans, mon père est rentré à la maison et, m’écoutant jouer, m’a demandé quelle était cette jolie musique que je jouais. Je lui ai répondu que c’en était une que j’avais dans la tête. Il m’a dit que je devrais l’écrire pour ne pas l’oublier. C’est avec cet encouragement que je me suis mise à écrire mes premières musiques et chansons. Bien sûr, j’avais encore tout à apprendre mais c’est cela qui m’a motivé à le faire.

ZY : Qui a trouvé le titre Ce n’est pas moi ? Est-ce un peu toi quand même ?

Tanis : Ce n’est pas moi est, contrairement au titre, bien une partie de moi ! J’ai écrit cette chanson comme j’écris tous mes morceaux, à un moment où quelque chose de très privé, un événement ou une émotion, m’a motivé à le faire. Ce n’est pas moi explique que ce n’est pas parce que je ne peux pas dire à quelqu’un mes sentiments que ces sentiments n’existent pas, même si parler d’amour à haute voix, ce n’est pas moi.

ZY : Pourquoi ce choix de titre ?

Tanis : C’est un des vers de la chanson, celui qui revient le plus souvent et qui décrit le sentiment du morceau aussi. Le clip est assez sobre et épuré avec beaucoup de blanc, de douceur et de pureté.

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ZY : Est-ce toi qui a tout choisi et est-ce un peu à ton image ?

Tanis : Oui, c’est moi qui ai choisi cet univers blanc pur car le titre est dans ce même esprit. Par contre, les autres choix (angles, mouvements, etc…) sont bien sûr le fait du réalisateur.

ZY : Préfères-tu le travail de studio ou chanter en live ?

Tanis : Je n’ai vraiment pas de préférence car ce sont deux expériences tout à fait différentes. En studio, parce que je compose, écris mais aussi produis moi-même ma musique et mes chansons, je dois prêter attention à tous les éléments comme l’instrumentation, les effets, le mixage et pas seulement chanter. C’est autre chose en live car tout est organisé avant et mon rôle est de délivrer à mon audience, par mon interprétation, l’émotion que j’ai ressentie en écrivant mes chansons.

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ZY : Pourquoi le choix d’interpréter des morceaux en français et en anglais ?

Tanis : Je suis née en France et je suis Française mais j’ai passé la majorité de ma vie loin de la France et d’un pays à l’autre. J’ai été éduquée d’une façon complètement bilingue, mon père ne nous parlant que français à la maison alors que ma mère ne nous parlait qu’en anglais. La conséquence est que je pense, rêve et écris dans ces deux langues sans vraiment rencontrer de barrières.

ZY : As-tu déjà pensé à faire un album entièrement en langue chinoise ?

Tanis : J’ai pensé à écrire quelques chansons en Chinois, oui, mais de là à considérer écrire un album complet est peut-être un peu ambitieux, bien que juste de m’en parler me donne l’envie de le faire !

ZY : Peux-tu nous en dire un petit peu plus sur Blackout ton album et les autres chansons à venir ? Que nous réserves-tu et quels sont tes titres préférés et pourquoi ?

Tanis : Je crois que celui-ci a beaucoup à offrir – tout au moins j’ose l’espérer ! Je dirais que Ce n’est pas moi est sans doute le titre le plus simple et le plus doux de mon album. Cet opus contient une de mes chansons préférées Child In The Empty Forest, qui symbolise la solitude dans laquelle on peut se trouver à se sentir pas comme les autres. À l’extrême opposé, il contient aussi une chanson beaucoup plus upbeat, Drive, exprimant le désir de partir et de vivre une vie libre et heureuse, loin des contraintes de la société.

ZY : Pourquoi ce titre Blackout ? Qui l’a trouvé ?

Tanis : Blackout est en fait le titre d’une de mes chansons. J’ai choisi ce titre pour mon premier album car mes morceaux expriment quelque chose à la fois sombre et pur – la pureté de la nuit, du néant. Dans un blackout, il n’y a pas d’électricité, pas de lumière, rien qui puisse nous distraire de notre vie intérieure – nous pouvons ainsi comprendre mieux qui nous sommes et nos sentiments. C’est sans doute ce qu’exprime mon album.

ZY : Ta vie multiculturelle a une influence certaine sur ta musique. Les sonorités que tu explores associent cette pluriculture avec les traditions occidentales. Quelles sont tes influences musicales ?

Tanis : Comme je l’ai dit, j’adore la musique et je garde toujours les oreilles et le cœur ouverts à entendre des sons et musiques de toutes origines car on ne sait jamais d’où vient l’inspiration, où cela pourrait me mener et ce que je pourrais apprendre de ces sonorités. Je suis une grande fan de groupes comme Bon Iver et Coldplay. Leur travail a une telle richesse émotionnelle et sonore ! J’ai toujours admiré ce qu’ils font. En ce qui concerne les inspirations culturelles que je peux avoir, il est certain que j’aime associer les traditions occidentales Pop avec des instruments, sons et rythmes plus rares et ethniques. Je m’efforce toujours d’intégrer une certaine variété de sonorités dans ma musique, sous les seules conditions que cela s’y prête et que le résultat me plaise !

ZY : Tes textes parlent d’amour mais aussi de recherche de soi dans ce monde vaste et troublant. Es-tu du genre à cogiter beaucoup sur toi-même et le devenir de notre planète et pour construire un monde meilleur ?

Tanis : Qui ne voudrait pas d’un monde meilleur ? Une de mes chansons, Losing my mind, parle justement de notre planète, de la pauvreté, des choses qui me troublent au point de me faire perdre la tête

ZY : Comment es-tu devenue pianiste, guitariste et percussionniste ?

Tanis : J’ai commencé à jouer du piano à l’âge de 5 ans et ai essentiellement appris à jouer à l’oreille. Naturellement, en grandissant, j’ai dû apprendre à lire et écrire la musique. Plus je l’étudiais, plus je voulais en savoir et devenir vraiment capable de m’exprimer en musique. Donc j’ai commencé à explorer d’autres instruments. Nous avions alors une vieille guitare classique chez nous et le fait d’en jouer est venu tout seul. Je me suis mise à étudier les percussions parce que, pour un compositeur, le rythme est tellement essentiel à comprendre et ressentir que le meilleur moyen était d’apprendre à jouer moi-même. J’ai l’intention ferme de ne jamais arrêter d’apprendre à utiliser d’autres instruments. De toute façon, il est indispensable pour un compositeur de comprendre le plus d’instruments et de sons possibles.

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ZY : En Angleterre puis aux USA, après cinq années en Chine, tu étudies la comédie et la musique. Tu intègres également la prestigieuse et très sélective université Steinhardt à New York avec spécialité musique de films. Cela n’a pas été trop difficile de te frayer un chemin de par ton côté pluriculturel ?

Tanis : Comme j’ai vécu dans plein de pays différents depuis ma naissance, j’ai pris l’habitude de m’adapter à plus ou moins toutes les situations et cultures. Cela va sans dire qu’au début, il peut y avoir un mini-choc culturel mais en général, j’ai appris à m’intégrer dans différentes cultures et à adapter mon style de vie à l’endroit où je suis. À New York, je n’ai pas eu du tout de problème d’intégration car c’est une ville totalement internationale où il est quand même facile de rester très indépendante. Le fait que ce soit un tel melting pot de cultures et de personnalités de tous genres m’a permis vite de me sentir moi-même et chez moi dans cette grande ville.

À mon université, mes études de Composition Musicale et Musique de Films couvrent une variété de sujets comme la théorie, l’histoire de la musique mais aussi la production digitale, l’instrumentation et les technologies d’enregistrement. Ces cours sont très approfondis et sont conçus pour, qu’à terme, nous devenions des musiciens accomplis avec une culture musicale exceptionnelle.

ZY : Quelle est ta méthode de travail quand tu chantes ? Est-elle la même à chaque fois que tu enregistres un morceau ?

Tanis : Je ne travaille pas toujours de la même façon. Chacune de mes chansons a été écrite et composée dans un ordre qui lui est propre, essentiellement car je travaille seule et donc suis mon inspiration. Je n’aime pas forcer une idée car souvent cela veut dire que mon cœur n’y est pas et qu’à terme je vais perdre tout le travail fait. Quand une idée surgit, cela peut venir de n’importe où. Si je ne suis pas près d’un piano ou près de mon studio, je l’écris sur un papier pour ne pas l’oublier et c’est ensuite de cela que je pars.

ZY : Parmi tes activités, que préfères-tu entre la composition, l’écriture, l’orchestration, l’arrangement et le chant ?

Tanis : C’est sincèrement très difficile de choisir une plus que l’autre parce que toutes ces activités sont liées et ont besoin l’une de l’autre. La composition est bien sûr ma base. Sans la composition, cela ne sert à rien d’orchestrer, d’écrire des paroles, et même de chanter – du moins dans mon cas. Bien sûr, de temps en temps, je me mets au piano et chante les chansons des autres, sans autre but que de me faire plaisir : c’est rafraîchissant !

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ZY : À l’image de ton père, tu es une artiste multi facettes et assez discrète. Que préfères-tu entre ton activité de photographe, musicienne et d’actrice en développement ?

Tanis : La musique a toujours été ma grande passion. Même si je fais plus tard quelque chose d’autre dans ma vie, je suis certaine qu’elle resterait au cœur de mon monde. Ma musique est très visuelle, tout au moins c’est comme cela que je la ressens. Sans doute parce que je suis photographe et parce que je fais aussi de la musique de film mais quand j’écris et produis une chanson, je vois toujours des images et j’imagine déjà la vidéo. Quelquefois je dois me mettre dans un autre état d’esprit ou dans la peau de quelqu’un d’autre, réel ou imaginaire, et trouver en moi certaines émotions pour pouvoir choisir les mots et la musique qu’il faut dans mes chansons, un peu comme une actrice se met dans un rôle. En conclusion, je dirais que la musique est l’épine dorsale de ma vie artistique et que le fait d’être photographe et actrice interagit et accompagne tout ce que je fais sur le plan musical.

ZY : Contrairement à certains artistes « enfants de », tu assumes totalement ta filiation avec ton père Jean Chalopin, le talentueux créateur français de la société DIC dans les années 80 (qui a produit des dessins animés à succès internationaux comme Ulysse 31, Inspecteur Gadget, Les Mystérieuses Cités d’Or, Les Bisounours…). Quelles sont ses œuvres animées et autres que tu as le plus aimé étant enfant et pourquoi ?

Tanis : Je suis qui je suis. Je n’ai jamais vu la nécessité de cacher que mon père est Jean Chalopin car c’est un fait qu’il l’est mon père. J’ai toujours admiré son succès et quand j’écoute certains épisodes de sa vie et par quoi il est passé, cela m’encourage à me battre pour ce que j’aime et ne jamais renoncer.

Parmi les séries de mon père, mes deux préférées sont Les Mystérieuses Cités d’Or et Le Maître des Botes. J’adore les aventures et histoires des Mystérieuses Cités d’Or car, enfant, elles me faisaient rêver et je m’imaginais avec Esteban et Zia, dans les cités Incas. J’ai découvert Le Maître des Botes un peu plus tard mais ce que j’adorais vraiment était la musique, l’action et la comédie s’associant avec des scènes 3D vraiment incroyables ! C’était la première fois que je voyais des scènes 3D à la télévision avec ces lunettes spéciales et je pensais que c’était vraiment la chose la plus cool au monde à cette époque.

ZY : Adorant lui-même la musique sans être devenu musicien, les maisons où tu as grandi étaient peuplées d’instruments de musique. Cela a-t-il orienté quelque part tes choix ?

Tanis : Je dirais que le seul fait qu’il y avait des instruments de musique à la maison était clairement une bonne façon de me donner envie d’apprendre. Mais je pense que ma motivation et inspiration viennent principalement du fait que je passais le plus clair de mon temps à écouter la collection super éclectique de CD de mon père, même avant que je puisse jouer du piano. Je pense que j’aurais trouvé la route me menant à la musique de toute façon.

Fin de la première partie.

 

Interview réalisée par Rui Pascoal

Pour en savoir plus sur Tanis et son univers :

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TanisChalopin.com

Remerciements et partie des sources : Jean et Ethel Chalopin, Véronique Luzy (MoviePlus), Hervé Benhamou (Your label PBC Music), IGN.com.

Les photos illustrant cet article sont extraites du site officiel de Tanis Music et sont © Tanis.

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