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Critique anime : « your name. » (君の名は。)

Après de longs mois d’attente, le dernier long-métrage en date de Shinkai Makoto (新海 誠) débarque sur nos grands écrans.

your name. (君の名は。)

Synopsis (source : Eurozoom)

Mitsuha, adolescente coincée dans une famille traditionnelle, rêve de quitter ses montagnes natales pour découvrir la vie trépidante de Tokyo. Elle est loin d’imaginer pouvoir vivre l’aventure urbaine dans la peau de… Taki, un jeune lycéen vivant à Tokyo, occupé entre son petit boulot dans un restaurant italien et ses nombreux amis. À travers ses rêves, Mitsuha se voit littéralement propulsée dans la vie du jeune garçon au point qu’elle croit vivre la réalité… Tout bascule lorsqu’elle réalise que Taki rêve également d’une vie dans les montagnes, entouré d’une famille traditionnelle… dans la peau d’une jeune fille ! Une étrange relation s’installe entre leurs deux corps qu’ils accaparent mutuellement. Quel mystère se cache derrière ces rêves étranges qui unissent deux destinées que tout oppose et qui ne se sont jamais rencontrées ?

Avis (attention : peut contenir des spoilers mineurs sur l’histoire !)

On peut dire qu’il se sera fait attendre ce film dans nos vertes contrées ! Plus de 4 mois après sa sortie estivale japonaise, période pendant laquelle il a littéralement explosé le box-office local (avec 15 millions de spectateurs et plus de 20 milliards de Yen de recette), your name. (君の名は。en version originale) nous fait les honneurs d’une sortie sur le grand écran. Nous pouvons remercier le distributeur indépendant Eurozoom (associé à @Anime) qui s’est battu pour nous offrir ce petit bijou (6e plus grand succès de l’Histoire dans son pays natal, excusez du peu !) dans nos salles obscures. Notons que c’est la première fois qu’une œuvre de Shinkai Makoto est diffusée au cinéma en France.

Réalisateur réputé dans le cercle des aficionados d’animation japonaise, il est l’auteur notamment de 5 centimètres par seconde (秒速5センチメートル), Voyage vers Agartha (星を追う子ども) ou encore The Garden of Words (言の葉の庭). Cependant, le cinéaste reste relativement inconnu auprès du grand public français. Son style extrêmement réaliste et détaillé est toutefois reconnaissable au premier coup d’œil. Il était donc temps que son talent éclate au grand jour dans l’hexagone.

your name. nous plonge dans le quotidien de deux adolescents japonais : Mitsuha, qui habite dans un petit village très ancré dans les traditions et reclus dans la campagne de la préfecture de Gifu; et Taki, un lycéen tokyoïte dont la vie se partage entre son baito dans un restaurant et ses sorties avec ses potes. Jusqu’au jour où nos deux protagonistes se réveillent dans la peau de l’autre et ce, de façon régulière et aléatoire ! Sur ce postulat qui va engendrer des situations plutôt cocasses va venir se greffer un déroulement du scénario nettement plus dramatique dont dépendra l’épilogue de l’histoire. Mais cela, chers lecteurs, je vous laisse le découvrir par vous-même !

Les voix à l’écran de nos deux héros sont l’œuvre de Kamishiraishi Mone (上白石 萌音) dans le rôle de Matsuha et Kamiki Ryunosuke (神木 隆之介) pour celui de Taki. Mone a notamment doublé Keya dans Les Enfants loups, Ame et Yuki (おおかみこどもの雨と雪) de Hosoda Mamoru et Ryunosuke a participé à plusieurs projets dont Summer Wars de Hosoda ou encore Le Voyage de Chihiro (千と千尋の神隠し) et Arrietty, le petit monde des chapardeurs (借りぐらしのアリエッティ) pour le compte du Studio Ghibli.

De gauche à droite : Kamishiraishi Mone, Kamiki Ryunosuke et Shinkai Makoto

Bien qu’étant un habitué des travaux de monsieur Shinkai, je suis resté bouche bée une fois de plus devant la qualité de ses décors, de son chara design et de son animation : le tout frôle la perfection et est vraiment un émerveillement pour la rétine. L’homme est adepte d’un réalisme visuel qui touche presque à l’obsession : tout y est scrupuleusement retranscris, au détail près. L’effet est encore plus saisissant pour les personnes s’étant déjà rendues sur place : on s’y croirait et ce cher Makoto arrive à nous faire voyager à l’autre bout du monde sans que nous quittions notre fauteuil de cinéma. Un sans-faute de ce côté-là.

Les personnages sont également assez attachants et on se surprend à avoir les larmes aux yeux lors des passages les plus chargés en émotion (et croyez-moi, il y en a quelques uns !). À la vision de certaines scènes, on peut clairement sentir l’ombre des catastrophes qui ont touché le Japon (celle de Fukushima, pour ne pas la citer, ou encore le traumatisme causé par la Seconde Guerre Mondiale) planer sur cette histoire, surtout vers la fin. Mais l’humour est aussi au rendez-vous (la première fois que Taki se retrouve dans le corps de Mitsuha, il ne peut s’empêcher de se tripoter les seins !) mais peut se révéler très japonais par moment (lorsque Taki parle à ses amis avec un vocabulaire communément utilisé par la gente féminine). Même les dialogues de la grand-mère de Mitsuha sont intéressants, notamment lorsqu’elle explique à ses petits-enfants la signification de certains mots du dialecte local. Cela apporte une petite touche de culture traditionnelle non négligeable (rappelons que le village de Mitsuha est très rural et situé près des Alpes japonaises) et accentue encore le côté réaliste et méticuleux du réalisateur.

La bande originale du long-métrage est quant à elle assurée par le groupe de rock RADWIMPS, leur titre Zen Zen Zense (前前前世) servant de générique au film. La musique sait être tantôt joyeuse, tantôt dramatique selon les besoins et fait bien son travail globalement. Cela reste relativement classique pour ce type d’anime qui propose un mélange de chansons pop et d’instrumentaux symphoniques plus habituels. Mais elle maintient le spectateur dans l’ambiance et c’est bien là l’essentiel.

En conclusion, je ne saurais que vous conseiller fortement d’aller voir your name. : c’est un film majeur d’animation tous pays confondus qui marquera d’une pierre blanche cette année 2016. Rempli d’émotion et de sensibilité, il révèle enfin au public occidental tout le savoir-faire de Shinkai Makoto dont la patte graphique sublime émerveillera plus d’un spectateur. Et pouvoir l’apprécier sur un grand écran est un plus indéniable, voire un luxe qu’une bonne partie de nos voisins européens n’auront pas.

Petit bémol toutefois si vous habitez aux alentours de Marseille : carton jaune aux cinémas locaux qui ne le projettent que dans des petites salles, les multiplexes ayant tout simplement refusé de le diffuser, dixit le distributeur français. Vu la beauté des images et l’impact de your name. au box-office de l’archipel cette année, il est un peu mesquin de leur part de ne pas lui donner sa chance sur des écrans dignes de son rang auprès des spectateurs néophytes ainsi qu’aux amateurs d’animation japonaise qui attendaient sa sortie avec une impatience non dissimulée.

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