Home > Featured > Critique album : « Haruka to Miyuki (ハルカトミユキ) – Tameiki no Danmen-zu (溜息の断面図) »

Critique album : « Haruka to Miyuki (ハルカトミユキ) – Tameiki no Danmen-zu (溜息の断面図) »

Tout juste 10 mois après leur deuxième opus LOVELESS/ARTLESS, Haruka to Miyuki (ハルカトミユキ) lâchent dans la nature leur 3e album Tameiki no Danmen-zu (溜息の断面図). Impressions.

Première galette du groupe depuis 2016, ce nouvel album se devait de marquer les esprits. En effet, aucune sortie, ne serait-ce que numérique, n’a atteint nos oreilles depuis LOVELESS/ARTLESS en août dernier. C’est donc avec une fébrilité certaine que nous nous penchons aujourd’hui sur le cas de Tameiki no Danmen-zu.

Sorti au Japon le 28 juin dernier et fraîchement arrivé dans ma boîte aux lettres quelques jours plus tard, il a tourné non-stop dans mon lecteur audio pour pouvoir vous en donner une critique assez rapidement.

En quelques mots, je me risquerais à dire qu’il y a un certain retour aux sources de la part de Haruka et Miyuki cette fois-ci. Mais ne vendons pas la mèche tout de suite, je vous invite à lire la suite pour un avis complet.

Le packaging

Point de packaging particulier cette année, les deux éditions arborent un boîtier en plastique sobre et classique. La version double propose un CD live enregistré à Tokyo le 24 septembre 2016. Bien que relativement onéreuse (4000 Yen tout de même), les fans du duo auront tout intérêt à choisir cette dernière.

Autre fait marquant et assez décevant : peu importe la version que vous vous procurerez, la couverture sera similaire. Seul le verso comporte des tracklistings différents. Attention donc de ne pas vous tromper lorsque vous ferez vos emplettes !

Le visuel en lui-même est tout simple, une photo en gros plan de Haruka, et ne comporte même pas le titre (que l’on retrouve sur la tranche). Seul le logo de Haruka to Miyuki y figure. D’ailleurs, celui-ci a changé et est maintenant en caractères romains (il était en katakana auparavant). 

Détail sympathique : le CD de l’album est aux couleurs d’Haruka et celui du concert aux couleurs de Miyuki. Les acheteurs de l’édition simple n’auront donc pas de Miyuki love. Dommage ! Notons que les livrets sont strictement identiques, contrairement à ceux de LOVELESS/ARTLESS. Les paroles de LIFE 2, uniquement jouée en live, se retrouvent sur la jaquette intérieure de la version limitée. Une attention qui fait toujours plaisir !

 

L’album piste par piste

Une petite note avant de démarrer : la production de cet album est juste sublime. Cher producteur(trice) dont je ne parviens pas à lire le nom, je vous tire mon chapeau ! Cela étant dit, il est temps de rentrer dans le vif du sujet !

(il est possible d’écouter des extraits de l’album sur le site de CD Japan)

1. Warabe Uta (わらべうた)

L’album s’ouvre donc sur un titre pêchu et pop-rock avec Warabe Uta : d’entrée de jeu, les guitares électriques et les synthés de Miyuki donnent le ton. On notera par ailleurs une très bonne utilisation de la stéréo vers la fin du morceau avec un décalage des voix droite/gauche avec deux lignes de paroles différentes (que l’on pourrait comparer à un canon dans l’idée). L’effet est réussi et surprenant à la première écoute. Ça commence bien !

2. Stand Up, Baby

Bien que se révélant relativement classique dans sa construction, Stand Up, Baby dévoile une mélodie très accrocheuse et un bon petit solo de guitare qui vient égayer le titre vers le milieu. L’intro fait aussi son effet sur cette chanson plutôt uptempo. Il sera intéressant de voir comment elle sera jouée en live car Haruka to Miyuki ont souvent le chic pour sublimer sur scène des morceaux qui paraissent plus passe-partout en studio (Pain de l’album LOVELESS/ARTLESS me vient à l’esprit).

3. Sunny, Cloudy

Sunny, Cloudy est typiquement la chanson qui ne paie pas de mine au premier abord alors que c’est une petite bombe à retardement. Le refrain est en effet une merveille : la combinaison de la batterie et de la voix d’Haruka lui donne un certain je ne sais quoi que je n’arrive pas à définir. C’est comme si, l’espace de quelques secondes, nous vivions une relation fusionnelle avec le titre. Et pourtant, on pourrait croire que ce refrain est trop chargé et un peu brouillon. Croyez-moi chers lecteurs, ce n’est qu’un leurre ! Et que dire de ce bridge qui me fait frissonner avec une montée en puissance de la musique et de la voix d’Haruka, tout en symbiose… Oh my God.

4. Owari no Hajimari (終わりの始まり)

Attention, poids lourd en vue ! Présenté en avant-première lors de la dernière tournée du groupe, Owari no Hajimari est leur nouveau titre rock par excellence. Entre la basse tonitruante, la voix de Haruka qui se veut tantôt rauque, tantôt légèrement cassée et les guitares stridentes en fond, c’est 4 minutes et 44 secondes de plaisir intense qui puise ses sources dans l’ADN du groupe. La version studio ne démérite pas et il est certain que nous tenons là un nouveau classique de Haruka to Miyuki. Ni plus, ni moins. Wow !  

5. Fairy Trash Tale

Première constatation : le titre de Fairy Trash Tale est juste génial. L’association de mots anglais au Japon donne souvent des résultats surprenants, voire farfelus, mais dans ce cas, il fait mouche. Nous sommes en présence d’une balade pop-rock de haut niveau sur laquelle Haruka est en grande forme vocalement. C’est avec ce genre de morceau que l’on ressent le raffinement du son que le duo ne cesse de (re)travailler et perfectionner depuis ses débuts. Une sorte d’hommage à leurs premières amours, si je puis m’exprimer ainsi.

6. WILL (Ending Note)

S’ouvrant sur du piano et des harmonies de Haruka et Miyuki, WILL (Ending Note) est une poignante balade mélancolique. Même en ne comprenant que le titre (WILL signifie testament en anglais dans ce cas), on se rend compte que ce n’est pas une chanson joyeuse mais bel et bien tragique. La répétition du mot 存在 (sonzai, existence en français) dans les paroles renforce cette impression de malaise. Un morceau très fort qui prend aux tripes.

7. Takaramono (宝物)

Le mot takaramono veut dire trésor dans la langue de Miyamoto. Le piano domine clairement cette chanson très lente. La voix de Haruka se marie parfaitement aux notes de Miyuki. C’est un petit havre de paix au milieu de cet album, un titre sur lequel on revient sans hésiter lorsque l’on souhaite se détendre tout en douceur.

8. Kingan no Zombie (近眼のゾンビ)

Le retour de la basse qui tue, la vengeance ! Encore une chanson très rock et dark dans l’âme, elle en devient obsédante avec ses nombreuses guitares entêtantes. Sans compter certains passages où un filtre est appliqué sur la voix d’Haruka afin de rendre Kingan no Zombie encore plus intrigante et hypnotique. Pouvait-on espérer autre chose d’un morceau dans lequel le mot zombie figure dans son titre ? À écouter avec un très bon casque pour en retirer toute sa substantifique moelle. Vous me remercierez plus tard.

9. Instant Love (インスタントラブ)

Won’t you take me to funky toooooown… ! Hmm pardon mais la guitare résolument funk d’Instant Love confère un cachet tout particulier à cette chanson. Couplée à un rythme électronique qui sent bon les années 1980, c’est sans équivoque le morceau feel good de ce 3e opus. Comprenez par là qu’en écoutant Instant Love en vous levant, il vous donnera la patate pour la journée ! Sans même regarder les crédits, on se rend compte que la patte de Miyuki est présente à 300% ici :  un petit regard dans le livret et oui, elle l’a bien composé ! Mon flair musical ne me trompe jamais. C’est mon titre fétiche de Tameiki no Danmen-zu et, si nous étions encore à l’époque de l’analogique et des cassettes audio, cette partie de la bande serait déjà usée jusqu’à l’os !

10. Boku wa Machi wo Dete Yuku (僕は街を出てゆく)

Voilà une chanson qui rappelle fortement les premières compositions du groupe (guitare sèche en intro) mais qui incorpore aussi leur son actuel avec un bridge très inspiré : il rappelle un peu une bande originale de film dans sa forme (le traitement des guitare électriques ainsi que la fin). Le titre signifie « je quitterai la ville » et, étrangement, la notion de départ transparaît clairement au travers de la mélodie, même sans en comprendre un mot. Un sentiment que je ne saurais vous expliquer mais qui démontre une nouvelle fois l’universalité de la musique, quelle que soit sa langue.

11. Arashi no Fune (嵐の舟)

Découverte en live au mois de février dernier, Arashi no Fune va vous donner des frissons, dans le bon sens du terme. Elle m’avait fait une forte impression sur scène et elle se confirme en studio. Ce « bateau dans la tempête » (traduction du titre) est composé de main de maître et possède une intro a cappella de Haruka juste magnifique. Entre passages acoustiques et intimistes au piano et envolées plus rock avec guitares et basse à la clef, nous tenons là une chanson d’amour perdu qui fait figure de composition majeure dans la discographie de la formation.

12. Tane wo Maku Hito (種を蒔く人)

L’album se referme sur une autre balade pop-rock comme Haruka to Miyuki savent si bien nous concocter. Toute comme Boku wa Machi wo Dete Yuku, celle-ci aussi rappelle les sonorités des débuts avec une majorité de guitare sèche, surtout en début et fin de morceau, et de jolis chœurs de Miyuki. Une belle façon de conclure ce 3e chapitre de l’histoire du groupe.

Le live du 24/09/2016

Ce concert du 24 septembre 2016 est uniquement disponible sur le 2e CD bonus de l’édition limitée. Le live report de Zero Yen Media vous dira tout sur ce live mais notons malheureusement que cette version fait l’impasse sur 6 chansons avec seulement 14 titres au compteur. Dommage, surtout qu’elle ne contient même pas Vanilla, ni Aoi Yufuke ! Étrange décision car ces deux morceaux sont tout de même des incontournables du groupe en live… Ne boudons pas notre plaisir car il propose le seul enregistrement existant de LIFE 2 ! Et pour les aficionados, c’est largement suffisant pour en garantir l’achat !

Verdict : Instant Love !

Je l’avoue : le titre de ce paragraphe est un peu facile mais il reflète parfaitement mes impressions sur Tameiki no danmen-zu. C’est un quasi sans-faute pour Haruka to Miyuki qui arrivent à fédérer anciens et nouveaux fans avec cet opus. On pourrait le considérer comme un mix parfait de Cyanotype et LOVELESS/ARTLESS par son mélange des genres.

Autre point important : cet album est long ! Du haut de ses 55 minutes et des poussières, il nous fait oublier que LOVELESS/ARTLESS, aussi bon qu’il soit, ne durait que 37 petites minutes. Il est difficile, voire impossible, de trouver quelque chose à reprocher à ce 3e effort de Haruka et Miyuki. Son achat est donc plus que conseillé pour égayer vos soirées estivales avec de la bonne musique. Une fois de plus, merci mesdemoiselles pour votre talent et votre sincérité !

Commander Tameiki no danmen-zu (2 CD) sur CD Japan

Commander Tameiki no danmen-zu (CD simple) sur CD Japan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*