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Chronique anime : DanganRonpa the Animation

Quoi de plus rafraîchissant par ces « beaux » jours de printemps qu’un petit jeu de massacre tout droit venu de l’archipel ? Quand en plus l’arbitre, juge et exécuteur n’est autre qu’un ours bicolore sadique obsédé par le concept de désespoir, on peut alors s’attendre à un bon délire aux petits oignons !

Fiche Technique

Type : Série TV

Durée : 13 épisodes x 25mins

Première Diffusion : Eté 2013

Genre : Survival, Mystère, Enquête, Horreur, Jeu-Video

Réalisateur : Kishi Seiji (Angel Beats, Kamisama Dolls, Persona 4, Devil Survivor 2, Ragnarok the animation…)

Studio : Lerche

 

Synopsis :

Naegi Makoto est un garçon ordinaire mais très chanceux. En fait, il l’est tellement que notre protagoniste va intégrer (en tant qu’unique gagnant d’une loterie) l’ Hope Peak High School. Un établissement scolaire où l’élite du pays reçoit tous les enseignements nécessaires pour réussir leur vie. Il va donc rejoindre 14 autres brillants élèves pour ce qui s’annonce être un avenir radieux…

Mais les apparences sont trompeuses, et la chance légendaire de notre héros pourrait lui faire faux bond. L’école est en fait le théâtre d’un jeu macabre où les étudiants sont cordialement invités à s’assassiner les uns les autres s’ils veulent sortir de là. Le hic c’est qu’il faut tuer mais aussi ne pas se faire démasquer ensuite ; sinon ben c’est la mort pardi ! (what else ?) Pour s’assurer du bon déroulement des festivités, Monokuma, une adorable peluche biface parfaitement sadique et assez peu patiente sera de la fête. Qui s’en sortira ? Qui mourra ? Regardez Dangan Ronpa !

 

L’Avis de Kevin :

– Petits massacres entre amis –

Autant tuer le suspens tout de suite : le/la survivant(e) est… Bon ok j’arrête ! Commençons la critique de la série.

DanganRonpa est à la base un jeu vidéo de type visual novel édité par Spike Chunsoft (disponible sur console portable). Son fonctionnement est souvent comparé à la fameuse licence Phoenix Wright – Ace Attorney car il s’agit aussi d’enquêter puis de rassembler les différentes pièces du puzzle pour finalement désigner un coupable. (+ D’infos à la fin de la chronique.)

Un jeu comme DanganRonpa contient énormément de texte et d’éléments pour une durée de plus de 20 heures. Il est donc question de savoir ici si Kishi Seiji, rompu à l’adaptation de jeux vidéo, a réussi à efficacement synthétiser 20h de jeu en 6 petites heures d’animation.

****A partir d’ici risque de spoilers mineurs. ****

Dès le début de l’anime les choses sont claires. Nos 15 étudiants ultimes sont enfermés dans l’école au RC et Monokuma, en tant que directeur de l’établissement, se présente. Chacun d’entre eux aura donc sa chambre et un nombre de règles bien précises à respecter. Le principe du jeu est simple : les personnages peuvent profiter du reste de leur vie dans l’enceinte de l’établissement sans ne jamais pouvoir en sortir. Le seul moyen de rompre cette monotonie est d’assassiner quelqu’un.

Si jamais, par le plus grand des hasards cela devait arriver et qu’un corps était découvert, un temps libre serait donné aux survivants pour chercher des preuves et enquêter. Au terme de ce délai, tout le monde se rendra dans la salle du jugement pour un « procès de classe ». Il s’agira alors de débattre et de comparer les découvertes afin de se mettre d’accord sur un coupable. Après le vote, si la personne désignée est bien le coupable, elle sera exécutée par Monokuma en personne. Et il y prendra un infini plaisir (faites-lui confiance) ; si par contre la personne désignée est innocente, seul le véritable coupable ne sera pas exécuté et pourra alors quitter l’école. Enfin, à chaque fois qu’un châtiment tombe, un étage supplémentaire de l’école est rendu disponible.

Dans ce contexte-là, on prend rapidement connaissance des différents protagonistes, apparaissant exactement comme dans le jeu vidéo avec des traits distinctifs qui empêchent le moindre doute à leur sujet. Leur caractère est aussi affirmé, exagéré et singulier. Il est au final plutôt facile de s’y retrouver parmi eux. Même Naegi, le personnage principal à son design bien à lui, même si son caractère en tant que personnage témoin et œil du spectateur est forcément plus effacé. Enfin Monokuma est aussi intéressant, c’est évidemment un perso entouré de mystères dont on ne connaît même pas la nature exacte ni même les motivations réelles. On apprécie son sadisme permanent auquel s’ajoute une touche de naïveté ponctuelle qui crée un réel décalage.

Et s’il faut retenir un concept de DanganRonpa, c’est justement le décalage. L’anime joue constamment sur les contrastes et exagérations. Chaque étudiant a une capacité ultime très rarement utile. Quelques exemples en vrac : super joueur de baseball, super dessinateur de doujin, super héritier et j’en passe et des meilleures. L’ambiance générale n’est pas en reste : On oscille constamment entre notes humoristiques entre étudiants, conneries de Monokuma, meurtres sanglants et enquêtes sérieuses. Même le sang est rose pour dédramatiser les situations, par contre les exécutions de l’ourson monochrome sont très cruelles et particulièrement choquantes du fait qu’elles sont opérées dans une bonne humeur macabre.

Ce qui aide beaucoup à ressentir tous ces décalages, c’est évidemment la base vidéoludique. Kishi Seiji place partout les très nombreux éléments, clins d’œil et références au format original. A vrai dire, tous les éléments qui n’ont pas vraiment de logique ou ne sont pas expliqués en sont directement inspirés : les machines/loteries Monokuma, le système de balles-arguments lors des procès, les mises à mort et leur imagerie stylisée en CGI, l’ending et même les aveux de certains coupables. Au final, on obtient une série qui donne vraiment l’impression d’être plongé au cœur du jeu vidéo.

Au niveau de l’histoire, tout va évidemment très vite et même un peu trop parfois mais c’était inévitable. Tout s’enchaîne rapidement, on n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer, par contre on aurait aimé avoir plus de temps au niveau des enquêtes et des preuves à rassembler avant les procès car c’est souvent les passages les moins développés au cours de l’intrigue.

Le scénario joue évidemment sur les enquêtes qui sont bien faites et assez complexes. La première est peut-être un peu facile pour un Européen mais je n’en dirais pas plus. Passé la moitié de la série, il n’est même plus question de pouvoir deviner par soi-même car ça va très vite. Il y a trop d’éléments à analyser dans le vide. L’autre composante essentielle du scénario est évidemment l’intrigue générale au-delà des enquêtes. Qu’est-ce que cette école à la fin ? Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qu’est réellement Monokuma ? Qui tire les ficelles ? Autant de questions auxquelles on veut une réponse ! Et bonne nouvelle ! On les a à la fin dans la très grande majorité des cas. La série réussit à relater tous les évènements majeurs du jeu et à fournir dans le même temps une fin WTF mais honnête dans l’esprit décalé et macabre de l’anime. On regrettera cependant que tous les persos n’aient pas été développés comme ils auraient pu l’être (surtout les premiers disparus, logique).

En conclusion, DanganRonpa est plein de surprises et alterne efficacement enquêtes tordues et scénario de plus grande ampleur. Tout cela a lieu en maintenant une atmosphère glauque et macabre, elle-même en partie contrecarrée par de nombreux éléments décalés tout droit sortis du jeu. Si l’histoire va très vite et ne peut pas se permettre de tout développer idéalement, l’intrigue est bien construite et atteint une conclusion satisfaisante. Si vous recherchez un titre glauque mais pas trop et un survival assez rafraîchissant, vous risquez d’être très satisfait de DanganRonpa. Ce sera aussi le cas, si vous êtes en manque depuis que vous avez fini le dernier Phoenix Wright !

One thought on “Chronique anime : DanganRonpa the Animation

  1. Excellente chronique mister Kevin ! Cela donne envie de s’essayer au jeu et de découvrir l’anime.

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