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Ring (Hideo Nakata)

Étant un grand amateur de films d’horreur depuis toujours, il y a un film qui m’a particulièrement marqué ces 15 dernières années : il s’agit de « Ring » (リング) du maitre japonais de l’horreur, Hideo Nakata. Ce film a popularisé le genre des histoires de fantômes japonais en Occident, thème pourtant très classique en Asie. En ce 31 Octobre, veille de la fête des morts, aurez-vous assez de courage pour lire mon article ?!

Attention, cet article comporte de nombreux spoilers sur l’histoire du film. Si vous souhaitez garder la surprise, je vous conseille de le lire après l’avoir vu.

Histoire de fantômes japonais

Basé sur le roman éponyme de Koji Suzuki édité en 1991, l’intrigue du film repose sur la légende urbaine d’une cassette vidéo qui, après son visionnage, tuerait les gens qui l’ont regardée 7 jours plus tard. Deux adolescentes japonaises (Masami et Tomoko) s’amusent à se faire peur en parlant de cette vidéo jusqu’au moment où Tomoko révèle à son amie qu’elle a vu cette fameuse vidéo il y a une semaine. A la suite de quoi, elle a reçu un coup de fil étrange. Cette scène d’introduction se termine sur la mort bizarre et incompréhensible de Tomoko sous les yeux ébahis de Masami.

Ce démarrage troublant pose les bases d’un film d’horreur au suspense haletant, rythmé par les recherches d’une jeune journaliste, Reiko, qui va tout faire afin d’en connaitre le fin mot. A tel point que ce mystère va l’obséder et détruire sa vie de couple. Au fur et a mesure de l’histoire, le spectateur découvre des photos dont les visages des futures victimes sont déformés jusqu’à la première apparition de Sadako, fantôme de son état, à la recherche d’une vengeance personnelle. Je ne vous raconterai pas la suite du film car celui-ci se « vit » et ce serait lui faire un affront de vous le rapporter entièrement par écrit.

Ce classique du cinéma d’horreur japonais nous permet de découvrir un thème récurrent dans les productions horrifiques asiatiques : le fantôme de la femme délaissée et assassinée, cherchant à assouvir sa vengeance auprès des êtres vivants. Nommée « Yūrei » (幽霊) en japonais, ce terme signifie « esprit sombre » et fait partie intégrante du folklore traditionnel nippon. Il représente l’esprit d’une personne dont la mort a été violente (résultant d’un suicide ou d’un meurtre) et qui est condamnée à errer sur Terre jusqu’à la résolution d’un conflit émotionnel intérieur. Sa représentation graphique étant d’ailleurs particulièrement réussie et très « flippante », malgré le budget plutôt modeste du film (environ 1,2 millions de $).

Plusieurs éléments contribuent à l’ambiance extrêmement glauque du long métrage: une photographie très sombre; une bande originale perturbante et entêtante (je vous défie de ne pas laisser les lumières allumées après avoir vu la première scène où Sadako sort de la tv pour emmener sa victime avec la musique qui l’accompagne !). Maitre Nakata démontre avec brio le pouvoir de l’atmosphère sonore mise au service de l’image. Essayez de regarder le film sans le son et vous verrez que ce n’est plus du tout le même ressenti !

Par ailleurs, le long-métrage se permet une critique sous-entendue des relations de couple à la japonaise où les non-dits sont nombreux mais solidement ancrés dans la culture nippone. Le couple de Reiko se dissout peu à peu mais jamais le spectateur n’aura d’explications claires à ce sujet (contrairement au remake américain, beaucoup plus explicite sur ce point et qui montre bien le contraste de moeurs entre l’Asie et l’Occident).

Génération Ring ?

À bien des égards, « Ring » est considéré comme un film culte pour toute une génération. Il a grandement influencé le cinéma d’horreur occidental, qui a vu naitre toute une série de films et de remakes de « fantômes à la japonaise » pendant plusieurs années. Malheureusement, le concept a été usé et abusé et ne fait plus recette aujourd’hui, la faute à un manque de renouvellement flagrant de la part d’Hollywood.

Néanmoins, si vous êtes a la recherche d’émotions fortes, de sueurs froides et que vous avez le coeur bien accroché, je vous recommande chaudement « Ring ». Après cela, vous ne verrez plus les films d’horreur du même oeil! (chers lecteurs, une blague faisant une référence directe au film se cache dans ce paragraphe, saurez-vous la trouver ?!)

Alors, allumez votre TV, éteignez les lumières, montez le volume à fond, glissez-vous sous vos couvertures (on ne sait jamais !) et laissez-vous terroriser par Sadako ! Vous m’en remercierez par la suite, j’en suis certain. Happy Halloween à tous !

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Quelques infos supplémentaires :

Suites japonaises

À noter qu’il existe une suite (« Ring 2 ») et une préquelle (« Ring 0: Birthday ») sorties respectivement en 1999 et 2000 au Japon. « Ring 0: Birthday » se révèle relativement intéressant au niveau de l’histoire car il nous permet d’en savoir plus sur la jeunesse de Sadako. « Ring 2 », quant à lui, est une suite sympathique mais plutôt dispensable. Toutefois, sans être mauvais, leur qualité n’égale pas celle du premier film.

 

Romans

La saga Ring existe egalement sous la forme d’une série de romans: « Ring » (le roman original, 1991), « Rasen » (« Double Hélice », 1995), « Loop » (« La Boucle », 1998) et « Birthday » (« Ring zéro, 1999). Ils ont tous été traduits et édités en France. Je ne donnerai pas mon avis sur ceux-ci car je n’ai pas encore eu l’occasion de les lire.

 

La saga Ring chez l’Oncle Sam

Au début des années 2000. les USA ont aussi succombé à la vague « J-Horror » en produisant un remake du premier film, sorti en 2002 sous le nom de « The Ring » (« Le Cercle – The Ring » en VF). L’histoire suit assez fidèlement son modèle japonais, avec toutefois quelques changements et une ambiance nettement moins oppressante que l’original. Il reste tout de même un film distrayant qui se laisse suivre avec plaisir pour tout amateur de frissons.

Une suite directe, « The Ring Two » (« Le Cercle – The Ring 2 » en France), réalisée par maitre Nakata himself, a vu le jour en 2005. Ce film n’a aucun rapport avec son homologue nippon et se concentre sur la vie du personnage de Rachel Keller (Naomi Watts) qui était l’héroïne du remake. L’intrigue se déroule approximativement 6 mois après les événements de « The Ring ». Ce long-métrage est, à mon goût, meilleur que le remake du premier, notamment grâce à la prestation de Naomi Watts, accueillie positivement par les critiques.

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Ring / Ring 2 / Ring 0: Birthday
Disponibles à l’unité et en coffret DVD intégral chez Studio Canal
Réalisés par Hideo Nakata (« Ring » et « Ring 2 »), Norio Tsuruta (« Ring 0: Birthday »)
Avec : Nanako Matsushima, Miki Nakatani, Yûko Takeuchi, Yôichi Numata, Miki Nakatani, Hitomi Satô, Kyôko Fukada, Yukie Nakama, Seiichi Tanabe, Kumiko Asô.

Ring / Rasen / Loop / Birthday
Auteur : Koji Suzuki
Édités en France chez Pocket, collection Terreur

Le Cercle – The Ring / Le Cercle – The Ring 2
Disponibles à l’unité et en coffret DVD chez Paramount/Dreamworks France
Réalisés par Gore Verbinski (« The Ring ») et Hideo Nakata (« The Ring 2 »)
Avec : Naomi Watts, Martin Henderson, David Dorfman

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