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Dossier Uchü Keiji – Partie 1 : X-Or / Gavan

San Ku Kaï, Spectreman, Bioman… Autant de noms qui, pour toute une génération qui a grandi avec les émissions de Dorothée dans les années 80, ont une douce résonance nostalgique. Qui, en effet, au milieu de tous nos vieux dessins animés mythiques, n’a pas rêvé devant ces acteurs en chair et en os, se transformant en guerriers colorés et costumés, défendant notre planète de l’attaque systématique de monstres effrayants ?

Voilà aussi l’une des particularités du Japon : offrir des divertissements pour le jeune public, servis par des acteurs impliqués et de qualité, peuplés de cascades et de combats magnifiquement chorégraphiés. Si, en France, nous avons eu une trentaine de séries de ce type, dont une petite poignée seulement a vraiment marqué les esprits, les Tokusatsu (avec des acteurs live et à effets spéciaux) sont légion au Japon depuis la fin des années 50.

Probablement inspirés par le film de Kaiju “Godzilla” de 1954, ce nouveau type de programmes connait son heure de gloire avec le pionnier Ultraman, suivi de Kamen Rider. Ces deux franchises, cultes au Japon et toujours déclinées de nos jours, ouvrirent la porte à de nombreux autres héros dont certains ont franchi nos frontières.

Le genre s’enrichit chez nos amis nippons avec Kikaider, Spectreman, Zubat et les premiers Sentaï de la Tôei, qui proposent non plus un mais plusieurs héros transformables (Goranger en tête). Mais le Tokusatsu se voit rajeunir et dépoussiérer au début des années 80 avec l’arrivée d’un nouveau concept : les metal heroes. Il faut dire aussi qu’à cette époque, Star Wars venait de faire le carton mondial que l’on sait, marquant le public avec ses batailles spatiales, ses monstres, ses sabres laser…

San Ku Kaï, mythique en France, copiait allègrement ce film magique de SF en y ajoutant les codes spécifiques japonais (les costumes, les monstres, les combats acrobatiques). Il faudra toutefois quelques années pour digérer la claque Star Wars et offrir des concepts plus novateurs, puisant plus ou moins de l’inspiration dans le hit de Georges Lucas et gardant le meilleur des précédents Toku.

Tôei Compagny sort en 1982 son premier metal Hero; “Uchû Keiji Gavan” (Gavan le policier de l’espace). Pas de lien évident avec Star Wars, quoiqu’en y regardant de plus près, il y a quelques points communs : un empire belliqueux dont le chef de guerre était autrefois du côté du bien et a trahi, le fameux laserolame qui rappelle furieusement le sabre de Luke. Le succès est immédiat, portée entre autres par le charisme communicatif de son acteur principal, Kenji Oba, un cascadeur qui obtient avec Gavan son premier grand rôle d’envergure après quelques incarnations dans d’anciennes séries.

IDDH, la société qui importait de nombreux shows japonais en France, se procure en 1983 Gavan et la propose sous le nom étrange de “X-Or” en ouverture de Récré A2 le mercredi après-midi. Et on peut dire que , replacée dans son époque (avouons qu’aujourd’hui, tout cela a bien vieilli), la claque était magistrale. Un générique entraînant, un héros auquel on s’identifie clairement, une chorégraphie mythique avant la transformation en guerrier de métal et aussi des amis bien précis et attachants et des monstres remarquablement designés et mis en scène. Nous ne connaissions dans le style que San Ku Kaï et Spectreman, X-Or mettait la barre un peu plus haut sur le plan de la réalisation, tout en offrant des histoires simples et efficaces. Il y a bien un fil rouge (X-Or recherche son père, un ancien justicier qui a disparu en combattant les C-Rex, les méchants de l’histoire) mais chaque épisode est indépendant.

Souvenez-vous ! Gavan (X-Or) est un justicier de l’espace qui est envoyé sur Terre par la police galactique parce que l’empire extraterrestre C-Rex s’est décidé à envahir secrètement notre monde. Il va devoir les affronter sans relâche et compte sur ce long combat pour vaincre Hunter Killer (K-Rex) le chef des Makku qui était autrefois un ami de son père, Voicer. Celui-ci ayant disparu, il est peut-être prisonnier de leurs griffes quelque part… seul Hunter Killer détient la vérité !

L’affrontement contre les monstres est haut en couleurs. Gavan est aidé de Mimi (Bimmy), une jeune fille qui peut se muer en oiseau. Il peut surtout se transformer en guerrier de métal, bardé de tout un équipement de destruction et particulièrement de sa Laser blade (laserolame) contre laquelle ses ennemis ne peuvent rien. Les Makku sont dirigés depuis un univers parallèle (où leurs forces sont décuplées lorsqu’ils s’y projettent) par l’imposant Don Horror (Lou IBMX 11), sorte d’idole diabolique qui règne en chef suprême sur ses hordes.

Gavan fascine et évolue. Les Makku s’adaptent en cours de route : ils mettent la main sur une machine qu leur permet de fusionner leurs monstres brutaux avec leurs meilleurs guerriers intelligents. Mais rien n’y fera contre notre héros, toujours plus puissant. Hunter Killer, acculé, trahit alors les siens et est banni dans l’espace. Il est remplacé par San Doruba, le fils de Don Horror, qui ne sera guère plus efficace contre notre héros. Au bout de 44 épisodes, la série, qui commençait à devenir répétitive, se clôt sur un final dantesque en 3 épisodes, dans lesquels Gavan retrouve son père, qui était bel et bien prisonnier. Dans une scène poignante (probablement le meilleur de la saga et qui montre l’étendue des talents d’acteur de Kenji Oba), il affronte Don Horror en personne dans la base sidérale des Makku.

Résumer le succès d’X-Or à ses combats serait en fait un peu réducteur. La série a fédéré déjà par son horaire de diffusion. 19h30 au Japon, ce qui l’a fait découvrir à un public plus âgé que d’ordinaire et en France, en ouverture de l’émission jeunesse Récré A2 le mercredi, vers 14h30, ce qui lui amenait là aussi une certaine audience. Tous les gosses qui attendaient leur sacro-saint rendez-vous avec Dorothée regardaient donc X-Or.

Les véhicules du héros séduisent particulièrement et font le bonheur de Bandai qui les reproduit en jouets de métal (pourtant fragiles et coûteux, ils rencontrent un succès certain). On se souvient ainsi du Roller sky, le side-car rouge et surtout de Morox, le dragon mécanique qui est caché dans la cabine inférieure de son vaisseau spatial !

En outre, la série avait l’intelligence de montrer beaucoup de scènes de la vie de tous les jours, incluant des passages tantôt drôles, tantôt tendres et familiaux avec les enfants et le vieux grand-père du ranch où travaille X-Or quand il ne combat pas les C-Rex. Un détail qui amplifie l’identification au héros. L’humour, encore plus caractéristique dans la version française, dédramatise aussi les combats et donne un soupçon d’invincibilité à Gavan. Rien ne l’effraie, rien ne l’atteint… Il devient vite un modèle pour les enfants de l’époque !

La Tôei ne s’y trompe pas. Lorsque la série arrive à son terme et constatant qu’elle tient là un bon filon, la décision est prise de poursuivre l’aventure avec un « spin-off », qui serait largement lié à la première.

C’est ainsi que dans les derniers épisodes de X-Or, nous découvrons Sharivan, son successeur, qui annonce donc un deuxième opus, “Uchû keiji Sharivan”. Une seconde série qui, en France, aura moins de succès car diffusée confidentiellement. Au Japon toutefois, la lancée triomphale des Uchû keiji se poursuivra pour en faire, comme nous le verrons, une grandiose trilogie…

8 thoughts on “Dossier Uchü Keiji – Partie 1 : X-Or / Gavan

  1. Concernant le laserolame, je confirme que c’est Kenji Oba qui l’a imposé dans cette série ….. il avait apprécié le sabre laser des Jedi dans Star wars!!!!

    Très bon article !!!!

  2. D’ailleurs, je me rappelle avoir lu quelque part que le nom original Gyaban en japonais est la transcription de Gabin…. l’acteur français Jean Gabin semblait être connu au japon à l’epoque!!!!!!

    Mais je laisse à l’auteur le soin de confirmer !!!! cela dit, ça serait marrant que Gabin, célèbre pour son rôle de Cheminot dans « la bête humaine » en 1939, devienne un héros de l’espace au Japon…. ;-)

    le générique VO est encore plus sympa que le générique français !!!!

    http://www.youtube.com/watch?v=Uoas3ht-RU0

  3. Y’a pas à dire c’est vraiment de la bombe x-or, dommage qu’il n’y est plus de sentai à la TV française de nos jours , et que les jeunes ne connaissent plus que les powers rangers version ricaine

  4. De toute façon, il n’y a pas de secret…. Quoiqu’on fasse, ça sera bon quand on le fait avec passion, qu’on s’amuse et qu’on se passe du superflu….!!!!!!

    De nos jours, beaucoup de séries ou de musiques sont du travail commercial, plein de gadgets et de superflu !!!!!

    Je regardais l’autre jour un documentaire sur la musique noire américaine au sud des USa dans les années 30…. quelques chansons sont restées célèbres !!!! les enregistrements d’epoque sont supers, les reprises actuelles ARCHI NULLES !!!

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