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NOLIFE : entrevue avec Sébastien Ruchet

Il y a 2 mois de cela, une partie de l’équipe de Zero Yen a eu la chance de rencontrer Sébastien Ruchet, le président de Nolife. Celui-ci a eu la gentillesse de nous accorder une longue interview dans les locaux de la chaîne.

Zero Yen (ZY) : Bonjour Sébastien

Sébastien Ruchet (SR) : Bonjour !

ZY : Merci de nous accueillir dans tes locaux aujourd’hui, c’est un vrai plaisir pour nous d’être là. Pourrais-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

SR : Bien sûr, je m’appelle Sébastien Ruchet. Je suis donc le président de Nolife qui est une jeune chaîne de TV dans le paysage audiovisuel français. Nous existons depuis maintenant 4 ans et demi. Grâce à nos efforts et à notre persévérance, nous avons su trouver notre public (principalement des 13-34 ans). Nous sommes une chaîne musicale qui diffuse en majorité du son en provenance du Japon mais nous proposons également pas mal d’indépendants français. Nous traitons de sujets divers et variés tels que le cinéma, les mangas, les jeux vidéo, etc… En un mot : l’actualité geek en général.

ZY : D’où t’es venue l’idée et l’envie de créer Nolife ?

SR : En fait, avant Nolife, il y avait Pocket Shami, une petite boîte de production que nous avions créée avec Alex Pilot et Suzuka. Puis nous avons entendu parler de la possibilité de diffuser à très bas prix vers l’ADSL en 2006. L’idée nous est alors venue de créer une chaîne TV. Nous nous sommes lancés dans cette aventure, malgré la difficulté. On a eu de l’aide de nos familles, nos amis, de mon côté j’ai vendu ma voiture, on avait un peu de matériel déjà… Et nous voilà, 4 ans et demi plus tard. Toujours là, avec le soutien – indispensable – de notre public.
Nolife est gratuite mais nous proposons un système de télé de rattrapage sur notre site web qui est payant. C’est ce système, Nolife Online, qui nous a permis de tenir bon et de continuer à émettre jusqu’à aujourd’hui.

ZY : Et avant Nolife et « Pocket Shami », il y avait aussi les « France Five »

SR : Nolife, c’est avant tout la vision d’Alex, je représente la partie administrative de l’équipe. Alex avait fait des études de réalisateur et a signé pas mal de court-métrages comme les « Bitoman » puis finalement « France Five », série hommage aux sentai japonais à laquelle j’ai eu la chance de participer. Cette expérience m’a vraiment donné envie de passer à l’audiovisuel. Au sujet de France Five, nous voulions terminer le dernier épisode avant de lancer Nolife, mais cela a été plus difficile que prévu.

ZY : Donc ce dernier épisode, c’est pour quand ?

SR : Quoi qu’il arrive, il sortira le 05 Mai 2012.

ZY : En faisant un retour en arrière, par exemple lors du premier Cartoonist à nos jours, on peut se dire que le marché a énormément évolué. L’ère des transcodeurs, des copies de copies de K7 vidéo en VO pure, des mangas en japonais est à tout jamais enterrée. Que penses-tu de cette évolution ? Et quel est ton meilleur souvenir lié à cette époque ?

SR : On a eu la chance d’être élevés à grands coups de dessins animés pour la majeure partie de qualité. Puis, après la fin du Club Dorothée, est arrivée une période de vide, le calme plat. Et ce sont les fans qui ont fait évoluer le marché, qui ont été à l’origine des premiers dessins animés traduits en vidéo, des premiers mangas édités en français.
Quand on regarde en arrière, on voit que le chemin parcouru est énorme. Aujourd’hui, nous avons des longs métrages en salle, des animés en VOD, des centaines de titres en français et le manga représente près de la moitié des ventes de BD sur notre territoire.

ZY : A l’époque, c’était pas super cool d’être geek. Maintenant, c’est carrément l’inverse !

SR : Oui, certaines personnalités geeks ont rencontré du succès comme Quentin Tarantino ou Peter Jackson. L’image a changé.

ZY : Et, chose impensable à l’époque, de plus en plus de filles s’intéressent au Japon et à sa culture avec l’arrivé du Shôjo, du Yaoi, du cosplay, etc…

SR : Il y avait quand même des filles à l’époque ! Mais les mentalités ont évolué. Sur Nolife, c’est un peu plus de filles que de garçons qui regardent la chaine, même sur des programmes de jeux vidéo.

ZY : Quelle est la contribution de Nolife à ce phénomène ?

SR : La télévision est un média très important auprès des gens. Ce n’est pas pour rien qu’elle est hautement réglementée en France par le CSA (NDLR : le Comité Supérieur de l’Audiovisuel). Pendant plusieurs années, les mangas, anime et autres ont été mal considérés par les médias traditionnels. A Nolife, nous voulions apporter une vision juste des univers qui nous tiennent à cœur. Nous diffusons aussi de la musique japonaise. Nous aimons celle-ci et nous voulons la soutenir en France.

Il faut voir que, même si le Japon est le second producteur musical au monde après les Etats-Unis, cela reste assez confidentiel en occident. Les choses évoluent un peu là aussi. Nous avons eu droit ces dernières années à la venue de monstres sacrés en France, comme l’Arc~en~ciel et X-Japan. Nous espérons que notre contribution permettra à la musique japonaise de trouver un public ici.

ZY : Que penses-tu de la K-pop (musique coréenne) ? Celle-ci a une véritable envie de s’exporter, en comparaison à la musique japonaise qui ne cherche pas forcément à séduire un public international mais uniquement une audience locale.

SR : Même si nous voyons bien que la K-Pop a du succès, nous ne sommes pas du tout des spécialistes de la Corée. Notre passion et notre expertise sont avant tout concentrées sur le Japon. Mais cela ne nous empêche pas de parler du phénomène K-Pop quand il le faut.

ZY : Les futurs artistes que tu aimerais diffuser sur Nolife ?

SR : C’est assez compliqué car plus l’artiste est important, plus c’est difficile de faire en sorte qu’on nous accorde une autorisation de diffusion en France. Il faut bien voir que pour les labels japonais, nous sommes une petite chaîne à l’autre bout du monde ! Mais à force de sérieux et de rigueur nous arrivons à progresser avec eux. C’est aussi assez difficile d’obtenir des clips pour des chansons plus anciennes. En tout cas, quoi qu’il arrive, on diffuse tout ce que l’on peut obtenir, que ce soit de l’ancien comme du récent, de groupes mythiques comme des indés ou des petits nouveaux.

ZY : Quand tu dis petits nouveaux, tu penses à Uplift Spice ?

SR : Oui, c’est un bon exemple. C’est un groupe indépendant pas très connu au Japon, mais qui a cartonné sur notre antenne. Les votes de nos spectateurs sur notre hit-parade, le J-Top, ont mené à la venue du groupe en France et même pour une tournée européenne qui a été un franc succès. C’est une très belle histoire !

ZY : Tu as donc été emmené par ta fonction à te rendre plusieurs fois au Japon. Quel a été ton premier choc culturel en terre inconnue ?

SR : Même si j’étais déjà assez sensibilisé à la culture japonaise avant mon premier voyage, j’ai quand même été surpris par le prix très élevé des transports.

ZY : Ton plat préféré ?

SR : J’aime énormément de choses : cela dépend bien sûr de la qualité des aliments et du savoir-faire du cuisinier mais généralement j’aime beaucoup le tonkatsu. J’ai un peu la phobie des poulpes alors là par contre je botte en touche…

ZY : Tes jeux vidéo, livres, mangas préférés ou du moment ?

SR : Alors, en jeux vidéo, on peut citer récemment « Skyrim » ou encore « Star Wars: The Old Republic », que j’ai beaucoup aimés. Niveau livres, j’ai sur ma table de chevet : « L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté des gens » et je relis « Pandora’s Star » de Peter F. Hamilton, et je crois que notre émission de littérature, « Rêves et cris », va me donner des devoirs de lecture pour bientôt. Quant aux mangas, je te dis sans hésitation aucune « Rough » de Adachi. À une époque, j’étais un fan inconditionnel de « Ranma ½ », c’est d’ailleurs grâce à cette série que j’ai appris le japonais. Mais Adachi se situe à un autre niveau, et Rough est une œuvre qui résume tout son talent et son savoir-faire.

ZY : Tu communiques frénétiquement sur la situation financière de Nolife, c’est une chaîne assez proche de son public. Qu’en est-t-il aujourd’hui ?

SR : La fin d’année a été assez difficile, mais heureusement nous avons de la pub sur notre antenne depuis quelques mois. Il faut que tout cela se mette en place, que les annonceurs apprennent à connaître la chaine et qu’elle soit incluse dans les plans média. On espère de belles choses pour 2012.

ZY : Le futur de Nolife?

SR : On voudrait vraiment arriver à ce que la chaîne soit installée dans le paysage audiovisuel français et que l’on puisse souffler un peu financièrement. On est sur la bonne voie mais pas mal de choses restent à faire. Il faut quand même voir que Nolife va fêter ses cinq ans cette année… C’est génial.

ZY : Un petit message pour tous ceux qui soutiennent Nolife et qui en sont des inconditionnels ?

SR : Merci beaucoup, c’est grâce à vous que nous sommes là. Nous ne l’avons pas oublié et nous ne l’oublierons jamais. Vous pouvez compter sur nous pour que Nolife soit toujours Nolife, mais de mieux en mieux.

ZY : Séb, un grand merci et à très bientôt !

SR: À bientôt. Et comme dirait Suzuka : « revenez quand vous voulez ! »

5 thoughts on “NOLIFE : entrevue avec Sébastien Ruchet

  1. Y’a vraiment pas de quoi, franchement je trouve toujours ça vraiment intéressant. J’espère qu’il y en aura encore plein. ^^

  2. Très sympa cette interview, ça fait toujours plaisir de voir/lire/entendre Seb parler d’autre chose que des abonnements qui chutent :normal:

    Si je peux me permettre une remarque le nom de la chaîne est Nolife.
    Pas No Life, ou Nolife TV. Juste Nolife, simplement Nolife, en un mot, une seule majuscule, rien derrière.

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