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Entrevue avec l’artiste Jérôme Alquié

Hey voilà, c’est l’été ! Il faut beau et ça sent bon le sable chaud ! Enfin pas pour tout le monde ! Nous profitons de cette période estivale pour nous mettre à jour sur la tonne d’articles en retard ! Après l’excellente interview de D, c’est au tour de notre ami Jérôme Alquié de passer entre les mains de Zero Yen.

À la base, nous avions réalisé cette interview en vidéo mais un problème technique nous a contraint à changer nos plans. Elle sera finalement retransmise à la sueur du clavier par votre serviteur, tel un scribe, un esclave, n’ayant cesse de vous satisfaire !

Mais trêve de bavardages, place à l’artiste !

ZY : Jérôme bonjour !
J : Salut Séb

ZY : Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?
J: Bien sûr, je suis issu de la génération des années 80. Tout petit déjà, je me gavais d’anime diffusés chez Dorothée ou Récré A2. J’ai donc tout naturellement commencé à crayonner en m’inspirant de ce que je voyais devant mon écran. Puis avec le boom des conventions dans les années 90, ma passion n’a fait que s’amplifier. Je ne me suis jamais arrêté de dessiner.

ZY : Les conventions parlons-en ! On s’est connu au Cartoonist. As-tu de bons souvenirs de ces événements, à l’époque très confidentiels et réservés aux « initiés » ?
J : Ça ne date pas d’hier (rires). Ça m’a permis de rencontrer des fans, de sortir de chez moi et de voir que je n’étais pas un cas isolé ! Je suis un enfant de Cartoonist ! J’y exposais d’ailleurs ! Je réalisais à l’époque des artbooks « maison » sur les séries de mon enfance. J’ai commencé avec « Saint Seiya ». Faire des fanbooks est assez répandu au Japon mais, comme tu t’en doutes, pas en France !

ZY : Pour rebondir sur cette série « mythique » qu’est Saint Seiya, peux-tu nous dire un petit mot sur Shingo Araki ?
J : J’adorais ce qu’il faisait ! C’est en copiant son style que j’ai appris à dessiner. Je n’ai jamais pris de cours. C’est grâce à lui que j’ai compris certaines techniques. C’est un grand monsieur de l’animation qui a, je pense, laissé des traces indélébiles à plusieurs personnes issues de ma génération. Sa disparition a été un énorme choc !

ZY : À l’époque où la série Hadès n’était pas en production, et si mes souvenirs sont bons, tu avais fait un petit trailer. Un anime « home made » hommage à cet arc de la série. Dis-moi en plus ?
J : Oui, c’était dans les années 2000, un pari fou entre potes ! Une fois fini, ça a été diffusé encore une fois au Cartoonist ! Les fans étaient super enthousiastes ! On est absolument pour rien dans la mise en chantier des nouveaux épisodes. Avec ce projet, notre ambition était juste de montrer à pas mal de monde que la série avait encore un potentiel de malade !

ZY : Avec la « mort » du Cartoonist Toulon (ndlr : ils préparent leur grand come-back pour 2013), quels ont été tes projets ?
J : J’ai été repéré par une maison d’édition. Je suis passé pro du coup. Je dessinais des jaquettes de DVD mais en parallèle j’ai continué à développer des projets personnels. À cette époque, nous avons eu l’idée avec Arnaud Dollen, qui est d’ailleurs le scénariste de « Surnaturels », de mettre en chantier une série d’animation. Ça a été le parcours du combattant. Par rapport à une BD, les financements ne sont pas les mêmes, et peut-être que nous n’étions pas suffisamment bons ! Mais finalement, même si la série animée n’a pas vu le jour, de cette idée est née une bande dessinée numérique. C’est un bon compromis entre ces deux médias. Le projet est vaguement inspiré de « Valérian et Laureline », il a pour titre : « Lorghian et Sharylla ».

ZY : Et on peut voir ça où ?
J : C’est distribué chez Nomadebook. Un épisode dure environ 15 minutes.

ZY : Au niveau des jaquettes, sur quelles séries as-tu officié ?
J : J’ai encore un fois commencé par du Saint Seiya ! Trois, quatre ans après j’avais déjà réalisé pas loin de 400 illustrations. Du bonheur en barre ! Je pouvais faire ce que je faisais chez moi pour mes K7 à l’époque mais cette fois professionnellement !

Les pochettes de « Dragon Ball », « Dragon Ball Z », « Ulysse 31 », « She-Ra », « Mask », « Transformers », … sont de moi !

ZY : Et après ?
J : J’ai fait pas mal de tableaux, de calendriers, etc. Mais mon scénariste voulait absolument qu’on planche sur une nouvelle BD. Après quelques refus, j’ai fini par craquer. Nous voilà donc de retour avec « Surnaturels » aux éditions Delcourt.

Je reviens au contact du public grâce à ça. Travailler derrière ton écran, c’est quelque chose mais de pouvoir partager ta passion et ton œuvre avec d’autres personnes, c’est le top ! C’est super important pour moi !

ZY : Dans ton dernier « bébé », on sent vraiment bien le brassage des divers courants de la BD ! Je m’explique : un scénario assez comics, une patte graphique résolument « manga » dans un format franco-belge ! Peux-tu revenir en détail sur tes sources d’inspiration et sur le concept de la BD ?
J : Pendant très longtemps, il y a eu la famille manga, celle des comics et celle de la BD franco-belge. Ils étaient là sans jamais oser se mélanger, briser les frontières qui les séparent. La nouvelle génération d’artistes, elle, baigne naturellement dans ces trois univers. Ils en ont saisi les codes et se les sont appropriés. Le format BD franco-belge me convenait très bien ! Couverture cartonnée, rigide, illustration en couleur, c’est la classe ! À qui le dis-tu ! Il y a pas mal de clins d’œil aux comics !

ZY: Oui (rires), l’héroïne principale par exemple, qui est en fauteuil roulant, vivant dans un foyer de jeunes «  pas comme les autres », ça rappelle vachement les X-Men !
J : (rires) On y a mis pas mal de choses à l’intérieur qui nous ressemblent, des trucs qu’on aime. Le design d’une des héroïnes principales vient d’ailleurs d’une pub pour shampooing ! (rires)

ZY : Quel est le public ciblé ?
À partir de 8 ans jusqu’à 77 ans ! Mais on se rend compte que le public féminin est légèrement plus important peut-être à cause de Silène, l’héroïne.

ZY : L’histoire est prévue en combien de tomes ?
Si tout se passe bien, en 8 volumes ! Comme vous avez pu le remarquer, chaque histoire est centrée sur un des personnages principaux !

ZY : Tu joues pas mal avec les réseaux sociaux, tu demandes souvent l’avis à tes lecteurs ! Et Silène tient un blog, qui peut-être aussi suivi dans la vraie vie !
J : J’aime bien quand il y la possibilité de passer d’un média à un autre, on voulait faire un écho sur le net dès le début. On a trouvé cette idée sympa, qui est de plus en raccord avec le scénario original.

À 15 ans, handicapée, elle va vivre loin de ses parents. Ils lui imposent alors de créer un blog pour pouvoir avoir un œil sur sa nouvelle vie.

Entre deux sorties de BD, on l’alimente avec plein de petits articles !

ZY : C’est l’heure de l’auto promo ! La caméra de Zero Yen est à toi !
J : J’ai la chance de faire un super métier ! Si vous voulez vivre de ça, éclatez-vous ! Foncez ! Le chemin à parcourir est énorme, il y a des heures de dessins derrière tout ça !

ZY : Jérôme, merci beaucoup.
J : De rien Séb.

 

Interview réalisée par Sébastien Pastor
Vidéo de Hugo Copponi et Renaud Guin

SURNATURELS

 

 

 

 

 

Résumé du tome 1 : Silène, atteinte d’une maladie incurable, décide de réaliser son rêve : prendre seule un appartement en ville. Elle espère retrouver ainsi une vie normale dans la résidence Ardemal. Mais c’est sans compter sur les autres colocataires, tous plus étranges les uns que les autres… Bien qu’elle soit une parfaite inconnue, ils vont l’accueillir comme l’une des leurs et la protéger du diable en personne !

N’hésitez pas à soutenir notre ami Jérôme Alquié et à vous procurer les trois premiers tomes de « Surnaturels », une série généreuse à lire sans modération qui sent bon les années 90 !

Pour en savoir plus :

Le Blog de Silène
www.jerome-alquie.com
Les Editions Delcourt
La page Facebook de Surnaturels

 

2 thoughts on “Entrevue avec l’artiste Jérôme Alquié

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