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Les chroniques du rédac’chef 3

Les chroniques du rédac’chef sont de retour en ce jour pluvieux. Au programme de cette semaine : des hommes musclés très peu habillés, un one shot fantastique signé Junji Itô et de la langue (japonaise bien sûr). J’en connais qui vont se régaler.

Virtus

Editeur VF : Ki-oon

Auteurs : Gibbon et Hideo Shinanogawa

Nombre de volumes VF : 5

Nombre de volumes VO : 5

Série terminée : oui

Note :

 

 

Résumé :

An 185 de l’ère chrétienne. L’Empereur Commode, cruel et sanguinaire entraîne Rome à sa ruine. Peu pressé de gouverner, il préfère combattre dans l’arène. Pour Marcia, concubine du tyran, Rome a perdu ce qui faisait le fondement de sa grandeur : la « Virtus ». La force d’âme, la droiture.

Désespérée elle sollicite l’aide d’une sorcière, qui fait venir par magie a Rome des hommes capables de rappeler cette valeur fondamentale au tyran. Le sort choisit un groupe de prisonnier japonais de l’ère moderne. Précipités sur les sables de l’arène, ils vont découvrir la cruauté du destin des gladiateurs : brutalité des entraînements, férocité des combats, brimades quotidienne au Ludus…

Les intrigues politiques et la corruption de la capitale impériale parviendront-elle à briser l’esprit de ces hommes ?

Avis de Sébastien Pastor :

Il n’y a pas à dire, ils sont forts ces Japonais ! Après nous avoir sauvés depuis des années de l’envahisseur extraterrestre dans moult séries de Tokusatsu (X-Or, Bioman…), c’est maintenant au tour des Romains de faire appel à eux, pour cette fois, botter les fesses de l’empereur Commode. Un être despotique qui mène la capitale italienne à sa perte (ce n’est pas moi qui le dis). Seul petit bémol, l’action se passe en l’an 185 alors que l’homme de la situation, Narumiya Haijimi, un prisonnier visiblement très versé dans le judo, vit à notre époque. Que nenni, un voyage dans le temps plus tard (ah sorcellerie quand tu nous tiens !) notre héros et toute sa clique de mauvais garçons se retrouvent au milieu d’une arène, prêts ou pas à en découdre.

Les créateurs de la série, Hideo Shinanogawa (dessinateur) et Gibbon (scénariste), n’y vont pas avec le dos de la cuillère dans « Virtus » : visages explosés, corps découpés et gerbes de sang s’enchaînent au fil des pages. Le coup de crayon très « sauvage » de notre mangaka s’accorde d’ailleurs à merveille avec ce genre de récit. Les expressions des personnages sont parfaitement retranscrites. Notre héros aux muscles saillants, tel un « Kenshirô des familles », n’hésitera pas à donner de son corps pour sauver ses camarades surtout quand l’un d’eux s’apprête à subir une fouille anale en règle. Mais quels pervers ces matons ! Pour peu, on se croirait dans Riki-Oh. Mais ici pas d’arcanes secrètes, pas de « aux couteaux de cuisine », non ! C’est le judo, l’art martial japonais par excellence qui viendra à bout des adversaires les plus puissants.

Les commentaires sur la naissance de certaines forces de combat de ces temps anciens ainsi que des détails techniques distillés par un personnage savant mais assez efféminé (j’adore les Beehive !) seront un pur régal pour les aficionados de la baston. Autre petit détail amusant : notre protagoniste versera , tel le « crying freeman », sa petite larmichette avant d’asséner à son adversaire le coup final. Quel homme sensible !

Dans ces 2 premiers volumes donc, les pages se dévorent à vitesse grand V, et on se délectera sans doute très bientôt de découvrir le passé trouble de notre bel éphèbe, ainsi que l’origine de ses mystérieuses cicatrices dans le dos (Kenshirô sort de ce corps !).

Vous aimez les séries courtes, les hommes musclés et la série Spartacus vous a fait frétiller devant votre écran plasma, alors enfilez votre pagne et courrez immédiatement chez votre dealer de mangas le plus proche. This is Spartan !

N.B. : A noter qu’à ce jour, l’intégralité de la série est disponible mais votre serviteur n’a pas encore pu mettre la main sur les 3 tomes restants.

Black Paradox

Editeur VF : Tonkam

Auteurs : Junji Itô

Nombre de volumes VF : 1

Nombre de volumes VO : 1

Série terminée : oui

Note :

 

 

Résumé :

Quatre personnes aux tendances suicidaires se rencontrent sur un site Internet, www.black-paradox.com. Il y a Marceau, une fille qui a peur de son avenir, Taburo, un homme qui voit son double maléfique dans la vie courante et se croit condamné, Peter, un étudiant dans une université technologique qui a créé un robot à son image et qu’il considère meilleur que lui sur bien des points, et Barati, une femme dont le reflet dans le miroir la pousse à mettre fin à ses jours. Ils décident de se retrouver tous les quatre pour en finir, mais sur le trajet, ils croisent leurs doubles dans la même voiture qu’eux…

Avis de Sébastien Pastor :

Les habitués de Zero Yen le savent ! A la rédaction, nous sommes des fans inconditionnels de Junji Itô. Mais il faut dire que les oeuvres de ce mangaka torturé ne m’ont pas emballé au premier coup d’oeil. Loin des productions commerciales mainstream (sors de ta cachette Naruto !), les dessins du maître de l’horreur japonais sont des plus underground. Une bonne dose de curiosité et de maturité a donc été nécessaire pour que je m’attaque à la biographie du monsieur. Et diantre je n’ai pas regretté mon voyage vers l’enfer.

Quatre jeunes rencontrés sur un site internet décident, chacun pour des raisons bien différentes évidemment, de mettre fin à leurs jours. Le pitch de Black Paradox part d’un postulat assez classique pour finalement nous embarquer dans un récit façon « Expérience Interdite » où nos chères têtes brunes trouveront autre chose que la mort au bout du tunnel. L’auteur se permettant par la même occasion un critique acerbe sur l’avidité des hommes et leur soif de pouvoir.

Nous assisterons donc, chers amis, et ce pour notre plus grand plaisir, à la déchéance de l’humanité sur plusieurs chapitres. Mais pour supporter cela , entre quelques tumeurs et plaies géantes, nous pourrons nous reposer les yeux sur la jolie Marceau, héroine naïve qui n’est pas au bout de ses surprises.

Notre auteur a ici la place nécessaire pour développer son histoire et ses personnages (comme dans Tomie par ex) et nous offre donc un dénouement très acceptable. Chose souvent impossible dans ses recueils d’histoires courtes toujours de qualité mais où, il faut le dire, je reste souvent sur ma faim en lisant des conclusions abruptes à la manière de celles des « Contes de la crypte ».

Et alors que l’on croyait avoir terminé le récit en « beauté ». Deux courts récits s’offrent à nous dont un s’intitulant « La Femme langue ». Un régal me direz-vous ? Et bien non cher lecteur,  il ne vaut mieux pas lui rouler une pelle à celle-là. Parole de rédac’chef !

Vous l’aurez compris, avec Black Paradox ou toute oeuvre de Junji Itô d’ailleurs, il faut avoir l’estomac bien accroché. Après l’une de ses lectures coupables, un sentiment presque impossible à décrire vous saisira, et fait de ce monsieur un auteur unique en son genre. A défaut de passer un week-end avec lui dans sa maison de campagne (je ne payerai pas cher de votre peau !), vous pouvez vous procurer Black Paradox chez votre libraire le plus proche. Une dizaine d’euros pour un voyage dans l’au-delà, le prix du billet n’est pas très cher payé.

L’Anthologie du franponais

Editeur  : Komikku

Auteur : Florent Gorges

Nombre de volumes  : 2

Note :

 

 

Avis de Sébastien Pastor et Laurie Bernard :

Après L’île infernale, les éditions komikku sont de retour avec la réédition de L’Anthologie du franponais de Florent Gorges paru chez Omaké books en 2011. Comme le dit l’auteur : « Ca sonne français, ça ressemble à du français, mais non, c’est du franponais ! ». Et pour vous mettre l’eau à la bouche, notre Laurie nationale, nous narre ce qui pourrait être pour elle une journée type chez nos amis japonais. Tout un programme !

Notre généreuse rédactrice commencera donc par faire du shopping dans un magasin de chaussures (allez les filles ! ) où il est enfin possible de dépenser sans culpabiliser. Et pour faire le deuil de sa carte bleue, elle sèchera ses larmes avec des mouchoirs « Partouze » qui laissent imaginer de nombreuses autres utilisations possibles… (coquinette va !) heureusement que le design représente un bouquet de roses pour rendre la chose plus romantique. Et pour reprendre des forces, elle se régalera de délicieux petits gâteaux fourrés appelés « Collon » . A vue d’oeil ils semblent plutôt bien remplis.

Vous l’aurez donc compris le second degré est de rigueur à l’ouverture de cet ouvrage. Superbement illustré, l’auteur ne se contente pas d’enchaîner les photos les unes après les autres; des petits textes et notes humoristiques parsèment les pages pour parfaire votre formation en franponais. Cette langue étrange n’aura donc plus de secret pour vous.

Et pour le même prix, vous découvrirez via une légère introduction le « japlish » : savant mélange comme vous vous en doutez entre l’anglais et le japonais. Preuve à l’appui que le naufrage linguistique chez nos amis nippons ne touche pas que la langue de Molière.

L’Anthologie du franponais est très agréable à lire ou à regarder et aura le don de vous faire instantanément sourire. Il  rappellera aussi pas mal de souvenirs à ceux qui ont eu un jour la chance de faire un tour par-delà l’archipel. A nostalgie quand tu nous tiens !

 

 

7 thoughts on “Les chroniques du rédac’chef 3

  1. OMG « petit Bit » lol et le pain nous traite de bâtard !?! mdr

    Non mais ils ont quel dico franco japonais chez eux >_< Faut que je regarde ce bouquin lol

    1. J’avoue avoir fait peur à certaines personnes dans le bus en lisant l’anthologie (et m’être fichue la honte par la même occasion…) !
      Et ce qu’il y a de formidable c’est qu’il existe un tome 2 ! ^.^ Ravie que ça te plaise !

  2. Tres bon l’anthologie !
    Merci pour les review manga , tu me donnerai presque envie de m’y mettre ; )

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