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Critique : « Haruka to Miyuki – Cyanotype »

Après vous avoir fait découvrir ce groupe en exclusivité sur le site de Zero Yen, voici enfin la critique de leur premier album Cyanotype (シアノタイプ).

Sorti au début du mois de novembre 2013 (le 6 précisément), Cyanotype (シアノタイプ) est le premier album complet à arriver dans les bacs de Haruka to Miyuki (ハルカトミユキ). Je ne vous referai pas leur présentation et vous invite à lire l’article que nous leur avons consacré il y a quelques mois de cela.

Avant d’attaquer la critique en elle-même, je souhaite aborder 2 points importants :

– j’ai eu la chance de recevoir cet album environ 1 mois et demi avant sa sortie, soit mi-septembre 2013. J’ai failli en faire la critique dans la foulée mais j’ai finalement choisi, par manque de temps mais aussi pour avoir plus de recul, d’en repousser l’écriture jusqu’à aujourd’hui. De plus, je souhaitais pouvoir l’écouter en qualité CD;

– je ne m’étendrai pas trop sur les paroles, étant donné mon niveau en langue japonaise, les subtilités m’ont certainement échappé. Je m’efforcerai donc de centrer ma review sur le ressenti et la musicalité des titres.

Ayant posé ce postulat de départ, laissons-nous absorber par la musique…

Le packaging

L’édition proposée par Sony Music Associated Records est un digipak qui inclut un livret ainsi que le CD en lui-même. Le livret contient les paroles de chaque titre, des photos de Haruka et Miyuki ainsi qu’une mini interview du groupe sous la forme d’une feuille volante. Un packaging assez classique mais qui fait bien son travail. Il est dommage qu’aucune édition limitée ne soit de la partie (avec un DVD bonus par exemple) mais le groupe étant encore très peu connu, ce n’était sûrement pas rentable pour l’éditeur.

Le CD est en vente au Japon et en ligne pour 3000 yen, soit environ 22 euros. Vous pouvez le commander chez notre partenaire Amazon.fr.

L’album titre par titre

12 titres constituent cette galette. 4 étaient déjà connus avant la sortie (Mannequin, Dry Ice, Vanilla et Mosaic) et les 8 restants sont totalement inédits. 9 d’entre eux ont été composés par Haruka et Miyuki. Les paroles sont l’œuvre d’Haruka. Et comme si tout cela ne suffisait pas, elles sont aussi à la guitare et au clavier sur la plupart des morceaux !

1/ Keshigomu (消しゴム)

Choix étonnant pour ouvrir l’album car là où la plupart des artistes choisissent généralement un titre punchy, Keshigomu (gomme en français) est une ballade. Haruka dit vouloir effacer certaines parties de sa vie avec une gomme et évoque sa solitude. C’est un morceau plutôt triste mais qui arrive à en devenir apaisant grâce à la guitare acoustique mêlée au piano. Une bien belle façon de débuter cet album tout en douceur et mélancolie.

2/ Mannequin (マネキン)

Premier single numérique extrait de Cyanotype, il délaisse la tranquillité de Keshigomu pour verser dans le rock ! Un tempo modéré associé à des guitares électriques dominantes en début de morceau, on sent bien que l’on entre enfin dans le vif du sujet ! La basse soutenue tout au long de la chanson souligne encore plus la musicalité très rock & roll de Mannequin. À écouter de préférence au casque avec de bonnes basses pour en profiter un maximum !

3/ Dry Ice (ドライアイス)

Débutant sur quelques notes de piano suivies d’une bonne dose de guitare électrique, Dry Ice est en fait extrait de leur 2e EP paru en début d’année 2013. C’est un très bon morceau pop/rock avec un refrain entrainant qui vous donnera quelques frissons à son écoute. La voix d’Haruka ainsi que les guitares du bridge font mouche et emmène ce titre sur le podium des meilleurs de l’album. Il était déjà remarquable sur l’EP, il aurait été dommage qu’il soit écarté de leur première vraie galette !

4/ mosaic

Voilà un morceau qui rappelle pas mal Newton no Ringo (ニュートンの林檎), disponible sur le 2e EP et qui est l’un de mes petits chouchous du groupe. C’est rapide, les guitares et la batterie fusent et donnent envie de se déhancher sur le dancefloor ! Ajoutons à cela quelques notes de synthé bien placées par Miyuki, il s’en dégage une sensation particulièrement punk/rock indie dans sa production. Une excellente chanson à tous points de vue !

5/ Hate you

Hate you est clairement atypique et se démarque du reste de l’album. Bien que son ton enjoué pourrait nous faire croire qu’il s’agit d’une chanson joyeuse, nous sommes bien en présence d’une hate song, c’est-à-dire une chanson dont le but est de se défouler verbalement sur quelqu’un que l’on déteste ! Sans savoir s’il s’agit d’un ancien petit-ami ou simplement d’un(e) ami(e), Haruka dit à un moment « je veux te faire subir des choses horribles » ! Lorsque l’on entend cela, on a compris le but du titre ! Musicalement, c’est à nouveau très rythmé avec de jolis riffs de guitares qui donnent un ton léger au morceau. La voix d’Haruka reste impeccable tout au long des 4 minutes et 33 secondes.

6/ Cyanotype (シアノタイプ)

Nous voici arrivés à la chanson-titre de l’album. Bien qu’étant de tempo modéré, Cyanotype nous offre des guitares électriques très présentes (dont un court solo bienvenu lors du bridge) et une basse solide qui accompagne de belle façon le morceau. Le refrain est très entrainant et vous restera surement dans la tête longtemps après son écoute. Une bonne surprise dans l’ensemble, les chanson-titres étant souvent plutôt anecdotiques.

7/  7nonsense

Composé par Miyuki, 7nonsense est un morceau instrumental. Beat électronique, synthés et une introduction faite de bruits étranges (mélange de murmures, de voix et de sons d’animaux) sont les composantes de ce titre qui est renforcé vers la fin par une bonne dose de guitare électrique. J’ai tendance à penser que 7nonsense est une espèce de démonstration à la fois alternative et expérimentale des talents électro de Miyuki. C’est interessant à écouter et ça se démarque totalement du reste de l’album. Un OVNI en quelque sorte.

8/ Furidashi ni Modoru (振り出しに戻る)

J’espère que vous me suivez toujours car ce morceau est très énergique et va vous réveiller si vous vous étiez assoupi pendant cette critique ! Au milieu de synthés, de guitares et d’une batterie au rythme effréné, Furidashi ni Modoru (que l’on pourrait traduire par « retour à la case départ ») constitue la chanson la plus courte de Cyanotype avec un temps de 2 minutes et 23 secondes seulement. Mais Haruka lui donne vie avec un tel tempérament dans sa façon de l’interpréter que l’on souhaiterait qu’elle dure beaucoup plus longtemps !

9/ Dengon Game (伝言ゲーム)

Dengon Game signifie « le jeu du téléphone » en français. Toutefois, je n’ai aucune idée du rapport avec le contenu de la chanson. Ce titre a tout de suite retenu mon attention lors de la première écoute : en effet, sa mélodie me laisse une forte impression années 80. Je ne sais pas si c’est à cause de l’abondance de synthés ou de la batterie électronique mais j’ai l’impression de tomber dans une faille spatio-temporelle à chaque fois qu’elle déboule dans mon casque. Si l’on couple à cela une basse omniprésente, des guitares à tomber et un rythme soutenu, c’est surement l’un de mes morceaux préférés sur Cyanotype.

10/ Nagai Machiawase (長い待ち合わせ)

Un peu de finesse dans ce monde de brutes. Ralentissons un peu le tempo avec Nagai Machiawase. Chanson au caractère doux-amer dont le sujet est l’attente : une promesse entre deux personnes de se retrouver un jour. Mais elle laisse Haruka attendre indéfiniment sans la voir arriver et brise ainsi cette promesse sacrée. Elle ne sait pas si cet oubli est volontaire ou pas et cela la rend encore plus triste. Ce qui m’a le plus marqué ici, au-delà des paroles, c’est la basse absolument monstrueuse mais totalement maitrisée qui conduit la chanson de bout en bout. Un pur plaisir auditif qui se termine sur une partie instrumentale de presque 1 minute et 30 secondes (sur 5 minutes 21) juste géniale. Clairement un de mes morceaux favoris du groupe.

11/ Knife (ナイフ)

On reste dans le même style que Nagai Machiawase avec Knife avec un titre au rythme plutôt lent. Peut-être la chanson la plus faible de l’album, elle reste tout de même intéressante grâce à quelques effets sympathiques de synthés et à la voix d’Haruka, qui est encore une fois lancinante et hypnotique sans être lassante. Au vu du titre, je pense qu’il s’agit à nouveau d’un morceau triste (le couteau faisant référence à la douleur je suppose). Knife reste dans la moyenne mais se révèle au final être moins marquante que Dengon Game par exemple.

12/ Vanilla

Ahhhh, déjà la dernière chanson ! Et là les amis, on touche au génie. Si, si, n’ayons pas peur des mots. Pourquoi me direz-vous ? Eh bien parce que Vanilla est purement et simplement une vraie drogue musicale. Extraite de leur tout premier EP, la production est tout juste sublime : une intro à la guitare acoustique, une partie vocale absolument irréprochable de la part d’Haruka, une instrumentation mêlant une batterie bien présente mais discrète et une basse qui vous prend littéralement aux tripes. Et je ne vous parle même pas du refrain : entêtant, hypnotique, enivrant. Les mots ne suffisent pas ici pour le décrire. Dans ce titre qu’Haruka a écrit à un moment difficile de sa vie, elle se compare à des détritus sur le sol froid comme la mort de sa cuisine. Mais elle dit ensuite qu’elle ne doit pas se laisser aller et qu’elle veut passer outre cela et aller de l’avant. Des paroles poignantes qui démontrent toute la force de Vanilla. Du pur bonheur musical.

Note de l’album : 4,5 / 5

Sorties de nulle part, Haruka to Miyuki donnent un grand coup de pied aux fesses du pop/rock japonais avec Cyanotype. Deux amies authentiques qui sont de vraies artistes et non de simples pantins, un son dans la plus pure tradition indépendante que l’on a plus l’habitude d’entendre aujourd’hui, une production excellente en tous points. Voilà quelques uns de leurs atouts. Malgré un ou deux morceaux assez classiques, le reste de l’album est remarquable. Je regrette toutefois que Newton no Ringo ne soit pas inclus au même titre que Vanilla. Mais cela n’entache en rien ses qualités exprimées ci-dessus.

Je ne me lasse pas d’écouter Cyanotype et je suis totalement conquis par cet opus, comme vous l’avez surement remarqué. Je ne manquerai pas de vous informer de la suite des aventures musicales sur la scène japonaise de Haruka to Miyuki.

PS: a huge thank you to Omi for sending me the album in advance. Much appreciated!

2 thoughts on “Critique : « Haruka to Miyuki – Cyanotype »

  1. Je ne m’attendais pas à une critique en français sur HarukaToMiyuki :)
    Je suis tombé amoureux de leur album complètement par hasard lors d’un voyage à Tokyo en novembre alors qu’il était en écoute dans un Tower Records. A défaut d’édition limitée, j’ai reçu des stickers (http://harukatomiyuki.net/wp/wp-content/uploads/akanimidori.jpg) lors de l’achat de l’album.
    Et le disque m’a accompagné tout le long de mon road trip à Okinawa et c’est vraiment là que ce disque a pris toute sa signification, en conduisant le long des plages.

    1. Salut eirikur,

      Merci pour ton comm’ :)

      Et oui, moi aussi, j’ai découvert par hasard le groupe en mai dernier lors d’un voyage au Japon. C’était au moment de la sortie du 2e EP.

      Cool les stickers, je ne les ai pas eu avec ma commande. Surement un petit bonus de Tower Records. C’est d’ailleurs là-bas que j’ai acheté les 2 premiers EP après écoute, coup de foudre ;)

      En espérant te revoir sur notre site! ^^

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