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Chronique manga : Ad Astra tome 1

Avec Ad Astra, l’éditeur Ki-oon nous entraîne dans une des périodes les plus sanglantes de la Rome antique : celle qui opposa Scipion l’Africain à Hannibal Barca. L’occasion pour le lecteur de plonger dans un récit épique mêlant stratégie, bataille, complots… Le tout sous le point de vue de Mihachi Kagano !

 

Scénario : Mihachi Kagano

Dessin : Mihachi Kagano

Genre : Historique, aventure

Type : Seinen

Éditeur : Ki-oon

Éditeur japonais : Shûeisha

Date de sortie : 20 mars 2014

Nombre de tomes VO : 5 (série en cours)

 
 
 

Résumé : Sicile, 241 avant J.-C. Après deux décennies de conflit avec Rome, l’armée carthaginoise menée par Hamilcar Barca doit déposer les armes. Son fils, Hannibal, a six ans quand il assiste à cette bataille. Mise en déroute, Carthage doit un tribut astronomique au vainqueur, et l’enfant est témoin, impuissant, de l’humiliation des siens.

Mais le jeune Hannibal refuse l’échec : élevé dans la haine de Rome, il va vouer son existence entière à la destruction de l’ennemi. Commence alors l’affrontement exceptionnel d’un des plus grands tacticiens de tous les temps et de son alter ego romain, le génie militaire Scipion l’Africain. Traversée des Alpes à dos d’éléphant, pillages impitoyables et combats parmi les plus sanglants de mémoire d’homme : un duel à mort qui a marqué l’Histoire…

                                            

 

La volonté de Baal ! 

Dès les premières pages du tome, le décor est planté : Rome s’apprête à faire céder la ville de Carthage. Celle-ci tombée, tous les regards sont alors posés sur le jeune fils d’Hamilcar le commandant de l’armée : Hannibal alors âgé d’a peine 6 ans. Ce dernier est en effet doté d’un talent de stratège hors-norme et arrive même par la parole et sa vivacité d’esprit, à déstabiliser ses aînés. Très rapidement le voile est levé sur le passé du jeune garçon. Voué à sa naissance à être sacrifié, il échappe à la mort en prononçant quelques mots alors qu’il n’est encore qu’un jeune nourrisson au regard vide. Face à cette surprise de voir son fils si précoce, son père pense son enfant doté d’une âme par le Dieu Baal lui-même. D’où le nom qu’il lui donne, Hannibal.

Après cette présentation en guise d’introduction, on est propulsé dans la ville de Rome où le jeune Scipion est mis à son tour en avant. Très arrogant mais également talentueux, celui-ci se montre aussi vif d’esprit qu’Hannibal, et le parallèle avec celui-ci ne peut que se faire dans l’esprit du lecteur. Une fois les deux principaux protagonistes introduits, la trame s’étoffe alors au fil des pages laissant entrevoir le conflit à venir. Rome d’un côté, les survivants de Carthage de l’autre.

 

L’opposition de deux grands stratèges 

L’opposition des deux hommes étant au centre du récit, le lecteur est très vite plongé sitôt cette introduction faite, dans le vif du sujet. On suit alors l’histoire sous le point de vue de Scipion dont les forces armées sont en mouvement pour contrer Hannibal. La stratégie de ce dernier nous est alors peu à peu révélé mais à travers le regard de Rome. Là où l’auteur fait fort c’est que cette stratégie n’apparaît pas clairement aux yeux de Scipion ni aux yeux du lecteur indubitablement. Ce n’est qu’au fil des pages, des paroles, des indices, etc. que le lecteur finira par comprendre le fin mot de la stratégie adoptée par Hannibal Barca.

La maîtrise du récit de l’auteur lui permet de distiller des indices avec parcimonie afin de toujours garder un temps d’avance sur la réflexion du lecteur. Hannibal y est de plus présenté comme quelqu’un de froid, tout cela afin de bien montrer la menace de l’homme contre la puissante Rome. De plus, le fait de nous décrire les choses du point de vue de Scipion accroît encore plus l’effet de danger que je représente le général de Carthage.

Un trait appréciable 

Le trait de Mihagi Kagano se montre agréable à la lecture, laissant l’impression d’un style inspiré de la bande dessinée franco-belge qui colle parfaitement au récit. Les décors sont de plus très soignés, et même si certaines cases peuvent paraître un peu vides, d’autres en revanche fourmillent de détails qui ne manqueront pas d’attirer l’attention. Cependant, ce premier tome introductif a le seul inconvénient de présenter de nombreux personnages secondaires en plus de nombreuses informations (stratégie, point de vue, nom, aspect géographique, etc.). Cela pourrait être l’unique défaut de ce tome car le lecteur peut avoir du mal à suivre.

 

En conclusion, Ki-oon nous offre une oeuvre très mature et agréable à lire. Ad Astra reste épique, rythmé et surtout très riche dans son récit. Ce qui ne manquera pas de séduire les adeptes de l’histoire du grand général de Carthage sous le trait japonais. Mais aussi les autres ne connaissant pas cette période, curieux de découvrir un récit passionnant plein de rebondissements. Un excellent seinen en somme.

 

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