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Critique express : « Kuroyuri Danchi » (2013)

C’est le retour des critiques express sur Zero Yen avec un film d’horreur : Kuroyuri Danchi du célèbre Nakata Hideo (RING).

The Complex
(クロユリ団地, Kuroyuri Danchi, soit le parc des lys noirs)

Asuka, une étudiante infirmière, vient d’emménager avec sa famille dans un grand immeuble collectif. Très rapidement, des sons étranges se font entendre depuis l’appartement voisin occupé par un homme âgé et solitaire. Préoccupée par le bien-être du vieillard, elle se rend chez lui et le retrouve mort de malnutrition. Lorsque les bruits reviennent, Asuka retourne sur les lieux et tombe nez à nez sur une apparition du défunt. La panique l’envahit, d’autant plus que sa famille a disparu sans laisser de trace…

Avis (attention : contient d’importants spoilers !)

Avec ce film, Nakata Hideo revient à ses premières amours : le film d’horreur japonais (ou J-Horror). Devenu célèbre dans le monde entier grâce à RING (sorti en 1998, déjà !) et Dark Water (2002) ensuite, le monsieur avait délaissé le grand écran depuis 2010, date de la sortie de Chatroom, film plutôt barré réalisé en Angleterre avec un casting intégralement anglophone.

Mais cette fois-ci, il est dans son élément et cela fait du bien de le revoir gambader sur des terres qui lui sont plus familières, terres qu’il n’avait pas réellement foulées depuis une dizaine d’années ou presque avec The Ring Two (Le Cercle 2, 2005), suite directe du remake américain de RING.

Si Kuroyuri Danchi se classe dans la catégorie des films de fantômes japonais, il apparait plus comme un mélodrame horrifique après son visionnage. Brillamment incarnée par Maeda Atsuko (une ancienne AKB48 : comme quoi, il y a une vie après les idols !), la jeune Asuka vit seule et est traumatisée par la perte de sa famille dans un accident de bus quelques années auparavant. Elle sombre peu à peu dans une certaine folie après sa rencontre avec le petit Minoru qui lui demande sans cesse de sortir jouer avec lui…

Le film rappelle un peu Dark Water dans son traitement du deuil familial et le fait que le personnage principal se réfugie dans l’imaginaire pour oublier une réalité trop pesante. Couplé à une mise en scène exemplaire (le plan dans lequel Asuka descend les marches de son bâtiment atteste du talent incontestable de réalisateur de Nakata), la photographie est egalement très soignée. En témoigne la fin du long-métrage qui se permet un jeu de couleurs et d’éclairages original et fait ainsi ressortir un côté lyrique que l’on ne s’attend pas du tout à voir dans ce type de production.

Au final, on ressort de The Complex sans trop de frissons (et quelques sursauts !) mais plutôt bouleversé par l’histoire d’Asuka. L’aspect horrifique du récit est assez classique mais bien restitué, même s’il ne sert qu’à renforcer le drame vécu par l’héroïne. Il peut paraitre parfois « superflu » tant les émotions véhiculées par la descente aux enfers d’Asuka sont intenses, surtout vers la fin du film.

En bref, je conseille ce très bon long-métrage aux amateurs de cinéma japonais en général et aux aficionados de monsieur Nakata en particulier. Même si ce dernier revisite la « recette » qui a fait sa renommée internationale, il est bien dommage qu’on ne puisse pas profiter d’une sortie dans l’hexagone, où il reste inédit même en vidéo… Car c’est bien connu : c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe !

Note : 4 / 5

(Disponible en Blu-Ray import japonais en V.O. pure et Hong-Kong sous-titré en anglais ainsi qu’en DVD zone 2 au Royaume-Uni et en Allemagne).

Bande-annonce V.O.

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