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Chronique anime : « Shin Sekai Yori »

De la rétro-SF utopique, de l’horreur potentielle, un fort impact psychologique… Autant vous dire que j’ai gravement salivé dès les premiers échos émanant de Shin Sekai Yori ! Mais au final, ai-je eu mon compte ? Et, par la même occasion, aurez-vous le vôtre ? Éléments de réponse…

Fiche Technique :

Type : Série TV

Durée : 25 épisodes x 25mins

Première Diffusion : automne 2012 – hiver 2013

Type : SF, Fantastique, Horreur, Psychologique, Drame

Réalisateur : Ishihama Masashi (Animateur Clé : Traversée du Temps, Dragon Crisis…)

Studio : A1 Pictures

 

WARNING : Shin Sekai Yori est une série connue pour son impact psychologique fort. Elle peut donc être éprouvante pour certains et par conséquent déconseillée au moins de 16 ans.

Synopsis

1000 ans après notre ère : dans un monde utopique où tout n’est que canaux d’eau claire, verts pâturages et chaumières traditionnelles, les humains dominent et chaque individu naît avec un don. Il est doté d’un pouvoir psychique divin s’apparentant à de la Psychokinésie. Et la première chose qu’il faut apprendre, c’est à le maîtriser. Ainsi suit-on un groupe de 5 enfants que le destin a réuni, la jeune Saki en tête, lors de leur éducation au sein de l’école unifiée du village.

Mais rapidement, d’étranges phénomènes surviennent. Saki croit apercevoir un Nekodamashii (chat corrompu), un monstre tout droit sorti des légendes du village. Qu’en est-il de ces étranges disparitions d’enfants ? Que sont les Démons Karmiques et Ogres des légendes ? Pourquoi le village est-il entouré d’une barrière sacrée qu’il ne faut pas franchir ?

Tous les secrets ne sont pas forcément bons à découvrir et notre petit groupe innocent va se retrouver bien malgré lui au centre d’une série événements dramatiques et capitaux pour la survie de l’humanité…

ATTENTION : SPOILERS mineurs

L’avis de Kevin :

De façon étrange, la première fois que j’ai entendu parler de cet anime, je m’imaginais une sorte de survival éprouvant où 5 étudiants de notre monde se retrouvaient propulsés dans un univers parallèle et fantaisiste dans lequel ils devaient survivre. Ne me demandez pas comment j’en suis arrivé là. Pourquoi ne pas le mettre au crédit de mon imagination, fertile au demeurant ? En tout cas, une chose est sûre : j’étais bien à côté de la plaque ! Car Shin Sekai Yori, que l’on peut traduire par En direct du nouveau Monde, prouve par son nom qu’il s’agit ici uniquement du monde natal de nos personnages et que tout tourne justement autour de celui-ci.

On nous plonge donc dans cet univers utopique et idyllique à travers le prisme d’enfants âgés d’à peine 12 ans, en plein milieu d’une nature verdoyante et calme, dans une société humaine minimaliste qui semble particulièrement stable et sereine. Le tout dans un esprit traditionaliste japonais omniprésent. Mais voilà, quelque chose cloche méchamment dans tout ça. L’atmosphère est pesante. Le sujet bascule bien vite sur des éléments assez inquiétants : la scène d’initiation dans le temple, bien que routinière, ne rassure pas spécialement et les évocations diverses et variées de créatures imaginaires (?), effrayantes par la suite, n’arrangent pas les choses.

Et que penser de ces taupes, petits monstres répugnants semi-intelligents, vivant en colonies sous la terre, avec un goût certain pour l’art de la guerre ? Tous ces pointeurs laissent penser que les choses vont mal tourner rapidement.

De la même façon, les premiers épisodes commencent tous par une intro se passant systématiquement à une autre époque et sans aucun rapport avec la trame principale de l’histoire. Le point commun qui les unit cependant est qu’elles sont toutes glauques et sanglantes, ajoutant encore au poids de l’intrigue.

Le début de la série est donc assez déconcertant. Beaucoup d’éléments, de notions et de personnages sont introduits rapidement mais sans aucune explication. Mais c’est ce qui fait l’une des forces de cet anime. Le mystère qui plane est source d’inquiétude. La peur de l’inconnu, vous connaissez ? Et bien, c’est exactement ça ! On découvre un univers peu rassurant où des enfants en apprentissage évoluent, et on en sait pas plus qu’eux ! C’est un point d’accroche avec les personnages qui est terriblement efficace. C’est donc naturellement, avec eux, que l’on apprendra ce qu’il se passe réellement au fur et à mesure.

L’intrigue évolue rapidement. On en apprend de plus en plus au fil des événements pour se rendre compte d’une chose importante : dans un certain contexte, il est mieux de rester dans l’ignorance, précepte que les dirigeants humains appliquent parfaitement ici. Le problème, on l’a vu, c’est que ce qui se trame dans ce monde est trop inquiétant. Du coup, on veut en savoir plus… et là, c’est encore pire ! Le vice de cet anime se résume ici : plus on en sait, plus on réalise que les menaces se multiplient. Et c’est au-devant de cela que va notre groupe de 5 chanceux.

Maintenant que cela est dit, je passerai sous silence le détail des événements pour votre bien, chers lecteurs. Sachez toutefois qu’il s’agit ici d’une intrigue mûrement réfléchie, à tiroirs et au développement imprévisible, encore rehaussée par plusieurs ellipses temporelles faisant évoluer l’ensemble sur plusieurs arcs et à plusieurs époques. C’est pas beau ça ?! On a donc à la fin une certaine impression de vue d’ensemble, vite remise en question par quelques twists bien sentis et faisant tout l’intérêt d’une intrigue déjà riche en surprises et très qualitative.

La relation entre les personnages principaux est surprenante. Comme nous suivons 5 enfants qui évoluent peu à peu, leurs liens eux aussi se développent en circonstance. Les affinités mûrissent. Tout est retranscrit de façon réaliste et puissante mais une fois de plus, il ne faut pas se fier aux apparences car l’évolution des choses est carrément inattendue. Le tout inscrivant définitivement Shin Sekai Yori dans notre époque comme une série animée moderne et originale.

S’il fallait trouver quelque chose à redire sur cette série, ce serait probablement sur la seconde moitié qui perd un peu de son intérêt, notamment sur quelques épisodes un peu longuets mais une fois de plus, rien n’est inutile et le tout se clôture très bien.

Sans avoir lu les autres supports, notons tout de même que l’anime est une version édulcorée du manga, probablement du roman original aussi. Ce n’est pas que le contenu de l’intrigue et ses éléments glauques soient « oubliés » mais plutôt sur la façon dont ils sont montrés, que ce soit au niveau de la nudité ou du gore. On parlera donc bien de version édulcorée et non de censure. Cela a été probablement fait pour élargir au maximum le public ciblé et ce, malgré le thème de la série.

Côté technique, A1-Pictures a fait un boulot très correct, comme à son habitude, pour ce genre de production avec une animation, des décors et un chara-design soignés. Ce dernier, très mignon et expressif, contraste naturellement avec la noirceur de l’intrigue, ce qui est pour moi un gros plus.

Fait très rare, Shin Sekai Yori n’a pas du tout d’opening. Le titre s’affiche de façon opportuniste à différents endroits de chaque épisode, souvent accompagné d’un petit effet de style. Il y a par contre 2 endings, tous deux très sympathiques et assez poétiques, complètement dans l’esprit de la série.

Conclusion :

 

Vous l’aurez compris, Shin Sekai Yori s’avère être une très bonne série. Le fait qu’elle soit adaptée d’un roman récompensé permet une intrigue vraiment riche et originale, bien plus élaborée et réfléchie que d’ordinaire. Il en ressort une réflexion pleine de sens sur l’humanité, la structure de notre société et du pouvoir mais aussi sur la vie et la tolérance tout simplement. L’univers lui aussi est inédit. Il permet d’instaurer cette ambiance pesante et sauvage, donnant ainsi un cadre à la fois idéal et distant de nos standards.

Les personnages ont tous un rôle à jouer et rien ne me semble superflu au final. La série souffre d’une légère baisse de rythme vers le milieu mais cela reste minime et nécessaire pour préparer les événements des derniers épisodes. Si la première moitié de l’intrigue est effrayante et fascinante; la seconde, qui symbolise d’une certaine façon l’âge de raison, est plus tangible en s’éloignant des histoires d’horreur enfantines mais n’en devient pas moins dangereuse.

Enfin, si la série réserve de nombreuses surprises au fil des épisodes, le petit twist de fin retournera la tête de plus d’un d’entre vous.

De par sa thématique et son propos, Shin Sekai Yori s’inscrit comme un anime moderne et d’actualité malgré ses +1000 ans et quelques. Chose rare, la série adapte l’intégralité de l’œuvre originale et se termine donc complètement à l’épisode 25.

Si l’année 2012 a compté de très bons crus en anime dont certains mastodontes, Shin Sekai Yori rentre clairement dans la catégorie des immanquables marginaux.

Bon pour la digestion, voici le premier ending. Délicieux et rafraîchissant !

http://vimeo.com/58154589

Vous reprendrez bien un petit steak de taupe après ça ! Quoi ? Comment ça, non ?!

3 thoughts on “Chronique anime : « Shin Sekai Yori »

  1. J’attendais un avis sur cet anime car le synopsis m’avait bien plu. Et je vois que c’est une petite perle que j’ai bienf ait de mettre de côté. Critique complète qui donne envie de se plonger dedans. Merci :)

  2. Je suis tombé sur cette série complètement par hasard et j’avais été assez intrigué par l’image de présentation ainsi que le synopsis. Si sur la forme la série ne dégage rien de spécial, c’est surtout le fond qui m’a marqué. C’est une série qui fait pas mal réfléchir (enfin en tout les cas elle m’a fait réfléchir).
    J’étais un peu perdu au départ avec toutes ces infos qu’on nous balance brut de décoffrage dès les premiers épisodes, avec la « bibliothèque » notamment, mais qui prennent tout leurs sens après.
    *attention ce qui va suivre est susceptible de contenir des spoilers*
    C’est là que l’on voit toute l’ignominie, voire la façon organisée et tordue de penser de cette société ( l’éducation façon bonobos). Le passage qui m’aura fait le plus froid dans le dos et celui des couples d’ados qui jalonnent les couloirs de l’école.
    J’ai trouvé agréable de suivre les protagonistes sur différentes périodes charnières de leurs vies et la relation Saki/Satoru qui se construit en filigrane. La série laisse la porte ouverte à plusieurs questions dont on se demande si on veut vraiment les réponses (rester sans réponses est déjà horrible en soi mais parfois la vérité peut être encore pire…Je pense à Mamoru/Maria, ou tout les bébés enlevés).
    Une fois la série terminée, je me suis demandé en quoi quelque chose avait changé ? Est-ce que cette société à réussi à vraiment apprendre de ses erreurs (cf le traitement de Squeeler) ? Le message d’espoir de Saki contrebalance pas mal. Elle ou Satoru ne remettent pas en cause cette société mais y sont intégrés en connaissance de cause. Au final j’ai eu l’impression qu’il est impossible d’y échapper, qu’il n’y a pas d’autres alternatives et que s’y soustraire équivaut à la mort.
    *fin spoiler éventuels*
    Ceci dit malgré le côté très sombre, et de scènes assez perturbantes, c’est une excellente série ! D’ailleurs j’aimerais bien lire un jour le roman dont elle est tirée.

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