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Critique : « Alita: Battle Angel (Gunnm) »

Fraîchement sorti sur les grands écrans de l’hexagone (le 13 février), nous avions envie de vous donner notre avis sur Alita: Battle Angel du réalisateur américain Robert Rodriguez.

Alita: Battle Angel
(USA – 2019)

Synopsis officiel

Lorsqu’Alita se réveille sans aucun souvenir de qui elle est, dans un futur qu’elle ne reconnaît pas, elle est accueillie par Ido, un médecin qui comprend que derrière ce corps de cyborg abandonné, se cache une jeune femme au passé extraordinaire. Ce n’est que lorsque les forces dangereuses et corrompues qui gèrent la ville d’Iron City se lancent à sa poursuite qu’Alita découvre la clé de son passé – elle a des capacités de combat uniques, que ceux qui détiennent le pouvoir veulent absolument maîtriser. Si elle réussit à leur échapper, elle pourrait sauver ses amis, sa famille, et le monde qu’elle a appris à aimer.

Avis (peut contenir de légers spoilers !)

Après une très longue gestation, nous pouvons enfin découvrir l’adaptation made in USA du manga Gunnm, rebaptisé Alita: Battle Angel chez nos cousins d’outre-Atlantique. Les droits de cette mouture ont été acquis il y a fort longtemps (au début des années 2000) par James Cameron, le réalisateur des blockbusters Terminator 2: Judgment Day et Avatar, entre autres. À cette même époque, il s’était attelé à la série TV Dark Angel (avec la belle Jessica Alba en tête d’affiche), que l’on pourrait qualifier de première esquisse d’Alita. Projet de longue haleine donc qui finira dans les mains de Robert Rodriguez, l’un des proches collaborateurs et ami de Quentin Tarantino, Cameron étant trop occupé sur les suites d’Avatar. Le long-métrage final porte tout de même la patte de James, grand amateur de transhumanisme, qui a œuvré sur son scénario et co-produit le film.

Que dire donc de ce Gunnm à la sauce occidentale ? Tout d’abord, il apparaît évident que James Cameron est fan du matériau d’origine : la représentation visuelle de l’univers du manga est brillamment retranscrite à l’écran avec une technique irréprochable, parfois vraiment impressionnante (comprenez, des effets visuels au top, merci les équipes de Weta Digital). Les combats notamment sont vraiment bien orchestrés et certaines scènes semblent sortir tout droit des pages du manga. Et c’est sans parler de la partie de motorball qui devrait vous clouer à votre siège. Même si l’on peut reprocher à Kuzutetsu (devenue Iron City en anglais) un côté un peu trop lisse et guilleret, la ville post-apocalyptique et ses personnages prennent vie devant nos petits yeux ébahis et sont très crédibles. Alors oui, ce futur dystopique et cyberpunk (dans lequel Iron City est sous le joug de la cité dans le ciel Zalem, rappelons-le) aurait mérité un traitement plus sombre comme dans le manga. Mais la faute en revient peut-être au classement du film en salles (PG-13 aux USA, soit déconseillé aux moins de 13 ans), fait pour attirer un public relativement large.

Le jeu de l’actrice Rosa Salazar est très juste et, malgré l’utilisation de la performance capture pour le rôle, elle y incarne une Alita (Gally dans la version originale japonaise) très expressive et plus vraie que nature. Elle balaie en quelques minutes les doutes que nous avions sur l’aspect graphique choisi pour son visage (les yeux surdimensionnés) qui avait tant fait parler lors du visionnage des premiers trailers. La partie musicale est rythmée par un score signé Junkie XL qui colle bien à l’ambiance et le générique de fin (Swan Song) interprété par la britannique Dua Lipa s’avère fort sympathique.

Mais alors, me direz-vous, ce film est-il un sans-faute ? La réponse est non. Le plus gros reproche que l’on puisse lui faire est celui d’un scénario un peu trop confus : si l’on se réfère au manga (dont nous n’avons lu que le 4 premiers tomes à ce jour), la chronologie de l’histoire est pas mal chamboulée et semble parfois se dérouler dans le désordre. Quelqu’un qui n’est pas familier avec Gunnm pourra sûrement se sentir un peu perdu par moment, voire dépassé par le trop grand nombre d’informations compressées en 2 heures de bande. Il aurait peut-être été judicieux de scinder le projet en deux longs-métrages ? Ou d’allonger la durée d’au moins 30 minutes ?

Un autre point qui fâche est le traitement de certains personnages comme Vector (Mahershala Ali) ou Chiren (Jennifer Connelly) : ils sont tout simplement sous-exploités et auraient mérités d’être plus approfondis et présents dans la trame principale. Hugo (Yugo en japonais) a aussi moins d’impact que dans le manga, sûrement dû à son interprète (Keean Johnson) un peu trop beau gosse propre sur lui. Reste que sa relation avec Alita est attachante, même si elle vire parfois au cliché du young adult américain sous certains aspects.

Bref, Alita: Battle Angel est-il digne d’être découvert sur le grand écran ? Oui et trois fois oui ! Ses faiblesses sont largement compensées par ses forces et le découvrir en salles (IMAX et 3D vivement conseillés !) reste une excellente expérience et un grand moment du cinéma de science-fiction contemporain, sans oublier une claque visuelle et technique. En ces temps de films extrêmement formatés qui usent et abusent d’une formule éculée au possible, cela fait du bien de voir Hollywood laisser la barre à des œuvres moins connues du grand public occidental. En deux mots : allez-y !

Bande-annonce (VOST)

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